Pierre Lévy, ancien ambassadeur de France à Moscou, a été invité sur Franceinfo le 27 mars 2026. Dans cette émission, il a fait un retour sur l'interview donnée par Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, au journal de 20 heures de France 2.
Pour découvrir l'interview complète, regardez la vidéo ci-dessus.
France info : Vous avez été en poste à Moscou pendant la période charnière du déclenchement de la guerre en Ukraine. Lors de l'interview du 26 mars, comment percevez-vous le discours de Lavrov et son rapport au droit international ?
Pierre Lévy : Lavrov, avec ses 26 ans d'expérience en tant que ministre, a une connaissance approfondie du droit international. Personnellement, je l'ai rencontré juste avant la guerre en Ukraine, à une époque où les relations étaient encore cordiales. Dans l'interview, il présente une synthèse des positions russes, notamment à propos de l'Iran, tout en dénonçant des violations de droit international par les États-Unis et l'Occident, ironie du sort étant que l'invasion de l'Ukraine constitue également une violation de ce droit.
Une observation intéressante est que la première question posée par Léa Salamé a été modifiée sur le site du ministère des Affaires étrangères, indiquant probablement une volonté de contrôler le récit.
France info : Pensez-vous que Lavrov adapte son discours pour satisfaire les attentes du Kremlin ?
Pierre Lévy : Absolument. Il est essentiel dans le dispositif de communication. En écoutant ses propos, on s'interroge sur sa conviction personnelle face à la propagande. Pourtant, il assimile les positions officielles russes, y compris de fausses accusations, comme celle du massacre de Boutcha ou des propos alarmants sur l'armement nucléaire fourni à l'Ukraine par la France.
France info : Lavrov soutient que ce sont les États-Unis qui enfreignent le droit international. L'Occident ne crée-t-il pas un double standard dans ce domaine ?
Pierre Lévy : Nous devons admettre que nos faiblesses offrent à la Russie des opportunités de renforcer son discours. À chaque crise dans nos relations, la Russie a su capitaliser sur nos doutes. Il adopte une approche inverse, présentant l'Occident comme l'agresseur. Ce discours n'est pas nouveau ; Poutine, le jour de l'invasion de l'Ukraine, a invoqué le droit à la légitime défense, se prévalant de l'article 51 de la Charte des Nations Unies. Ce thème est récurrent dans son discours.
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