Dans un épisode saisissant de "Complément d'enquête", Robert Bourgi, l'avocat au passé tumultueux, accuse Dominique de Villepin d'avoir réceptionné des présents d'une valeur totale de 125 000 euros, incluant des dons d'un dictateur africain. Cette révélation a immédiatement fait écho au scandale des costumes qui avait englouti François Fillon en 2017.
"Il apprécie le confort et les belles choses", déclare Bourgi, qui avait orchestré la chute de Fillon en révélant sa propre générosité en matière de mode. Aujourd'hui, il met sous le feu des projecteurs un autre des figures politiques emblématiques, Dominique de Villepin. Dans son récit, il décrit un ancien président burkinabé, Blaise Compaoré, s'assurant que Villepin soit le récipiendaire d'un buste de Bonaparte d'une valeur de 75 000 euros.
Ce buste, selon Robert Bourgi, ornerait le bureau de Villepin depuis 2002, comme le montre une panoplie de photographies. Alors que Bourgi fournit une facture attestant du don par le président du Burkina Faso, Villepin dément fortement, affirmant que le buste lui a été offert par Bourgi pour son anniversaire et qu'il ne connaît pas son prix exact.
Un geste d'un président burkinabé à 75 000 euros
"Ce buste n'est en aucun cas un cadeau du président burkinabé", assure Dominique de Villepin, tout en maintenant qu'il ignorait les détails de son origine. En parallèle, l'ex-ministre reconnait avoir reçu une statuette de Napoléon, d'une valeur estimée à 10 000 euros, offerte par l'industriel italien Gian Angelo Perrucci, dont la facture indique un montant de 50 000 euros. Perrucci confirme avoir rencontré Villepin plusieurs fois, rappelant que celui-ci était ravi du cadeau.
Ce dernier s'interroge sur la légitimité de ces dons. "Le montant total fait dix fois plus que ce qu'a été accusé François Fillon pour ses costumes", constate Bourgi. Villepin, tout en déclarant qu'il n'aurait jamais accepté de tels objets s'il avait eu connaissance de leur provenance, est pris dans un débat brûlant sur la moralité des cadeaux politiques.
Alors que les montants considérés sont tout de même loin d'être illégaux, la situation soulève des questions éthiques importantes. "Je ne savais rien à propos de l'origine de ces objets et je suis en désaccord avec ces allégations", conclut Dominique de Villepin. La galerie de Souzy, détentrice des œuvres, affirme elles, que les transactions sont authentiques et conformes aux valeurs du marché.
Retrouvez l'intégralité de cette enquête passionnante dans "Complément d'enquête" le 30 avril 2026.







