À Troyes (Aube), les acteurs du secteur aéronautique et les gestionnaires d'aéroport s'unissent pour convaincre les entrepreneurs locaux de l'accessibilité et de l'utilité stratégique de l'aviation d'affaires.
« L’idée, c’est de servir les Aubois et de mettre en avant les initiatives du département », déclare Laurent Vittenet, président du collectif Aubassadeurs, lors d'une rencontre le 9 avril avec le groupe Edeis, gestionnaire de l’aéroport de Troyes-Barberey. Ce réseau, qui regroupe près de 800 membres, joue un rôle clé en assurant la visibilité des infrastructures et des opportunités offertes par le territoire.
Antoine Doucet, le responsable de l'aéroport, souligne l'importance de faire connaître une offre encore trop méconnue : « Il est essentiel de montrer aux entrepreneurs que ces solutions existent et sont disponibles ici, à leur porte. » Son ambition est de rendre l'aviation d'affaires plus visible dans le milieu économique local, un défi qu’il considère déjà réussi si des entreprises locales commencent à emprunter l’aéroport.
Gagner du temps pour mieux faire du business
Malgré un volume d'activité déjà conséquent — 16 800 mouvements l'an dernier, surtout pour l'aviation légère — l'objectif est de renforcer l'aviation d'affaires à Troyes. Les activités incluent des missions cruciales : vols sanitaires, transports d'organes, ainsi que des entraînements militaires qui représentent environ 800 mouvements annuels.
« Si des entrepreneurs commencent à utiliser l’aéroport, ce sera un succès », s’enthousiasme Antoine Doucet, qui prône une approche progressive.
Jonathan Raimbaud, directeur exécutif de CLC Marketing chez Lux Aviation France, insiste sur le dynamisme du secteur : « L'aviation d'affaires ne connaît pas la crise, elle n'est pas limitée à Paris ; d'autres territoires comme Troyes disposent de ressources à valoriser. » Ces vols, bien qu'existants, doivent être mieux présentés aux entreprises qui pourraient y bénéficier. « En se rencontrant, les acteurs économiques peuvent réaliser de meilleures affaires. L’aviation d'affaires permet de réduire les déplacements à une journée, optimisant ainsi le temps de travail », explique-t-il.
Une solution qui s’ouvre aux PME
Les vols d'affaires deviennent de plus en plus accessibles, même pour les petites et moyennes entreprises. Victoire Totah, directrice stratégie et développement chez Edeis, précise : « L’aéroport de Troyes est un atout pour les déplacements d'affaires, grâce à sa flexibilité et sa proximité. »
Ce mode de transport est particulièrement pertinent pour des destinations mal desservies ou des voyages présentant des complexités logistiques qui rendent l'aviation d'affaires compétitive, y compris sur l'impact environnemental.
Développer des avions zéro émission
Le coût d'un aller-retour Troyes – Nice peut varier entre 5 000 et 15 000 euros, mais ce modèle économique pourrait diminuer avec une utilisation accrue : « Plus nos avions volent, plus les coûts sont optimisés », indique Jonathan Raimbaud. Plusieurs options s'offrent aux entreprises : l'achat d'un avion, la mutualisation entre sociétés — « comme une colocation d'avion » — ou encore des cartes de vol prépayées.
Conscients de leur impact écologique, les acteurs du secteur s'engagent à réduire leur empreinte. « Toutes nos émissions sont compensées, et nous visons une aviation neutre d’ici 2050 », affirme Jonathan Raimbaud.
Il n’y a pas de barrière à la taille de la ville, au contraire. « En développant la connectivité, nous renforcerons le tissu économique local », conclut-il.







