Emmanuel Macron entreprendra lundi et mardi sa première visite bilatérale en Arménie, visant à renforcer les relations entre les deux nations dans un contexte de rapprochement avec l'Union européenne. Au cœur de cette visite, un accord de partenariat stratégique sera signé entre Macron et le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, incluant notamment la coopération en matière de défense.
« Nous souhaitons approfondir une relation historique d’amitié », a affirmé l'Élysée, soulignant que cette démarche intervient dans une région en pleine mutation suite à l'accord de paix récemment conclu avec l'Azerbaïdjan. Macron débutera sa visite après avoir assisté à un sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, réunissant de nombreux chefs d'État du continent.
Cette rencontre s'inscrit sous le signe d'un triple objectif : renforcer la relation bilatérale, favoriser le rapprochement de l’Arménie avec l’Europe et promouvoir la dynamique de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. La présidence française a mis en avant l'importance de l'accord de paix pour la région : « Cela ouvre une nouvelle ère de coopération qui peut transformer le Caucase en un carrefour énergétique et commercial entre l'Europe et l'Asie. »
Signature d’un accord de partenariat stratégique
Lors de cette visite, Macron et Pachinian signeront un accord stratégique principalement axé sur la défense, incluant la livraison de radars français et la commande par l'Arménie de 36 canons Caesar pour 2024. Selon des sources gouvernementales, des discussions sur des projets de transport sont également prévues, notamment des opportunités pour Airbus et l'engagement fort de la France à soutenir la construction d'un tunnel sur l'axe routier Nord-Sud arménien.
Après un dîner d’État et des rituels commémoratifs, Macron visitera le mémorial du génocide arménien à Erevan et le musée Matenadaran, qui abrite une riche collection de manuscrits anciens arméniens. Il est également prévu qu'il conclut un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.
Les deux dirigeants iront aussi à Gyumri, site de l’un des tremblements de terre les plus dévastateurs de l'Arménie, qui a fait environ 25 000 victimes en 1988. Dans un cadre plus large, l'Arménie, sous la direction de Pachinian, s'efforce de diversifier ses alliances en cultivant des relations avec l'Occident tout en maintenant des liens avec la Russie. Cependant, ce rapprochement avec l'UE est souvent freiné par les liens forts entre Erevan et Moscou, que l'Arménie maintient au sein de l'Organisation du traité de sécurité collective, malgré une participation gelée depuis 2024.
Afin de renforcer la paix dans la région, des avancées ont été faites dans la normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie, un processus qui inclut des efforts pour ouvrir leur frontière terrestre, fermée depuis 1993. Cette visite marquera un tournant dans les relations franco-arméniennes, espère-t-on, après la présence de Macron lors d'un sommet de la Francophonie en 2018.







