Exclusif : Loin des stéréotypes habituels, Charles Alloncle présente un ensemble de recommandations concrètes pour moderniser l'audiovisuel public. Ce rapport, dévoilé par Valeurs actuelles, analyse les dysfonctionnements des entreprises publiques et propose des solutions innovantes pour leur redressement.
Charles Alloncle, député de l'Hérault, se démarque par ses propositions réfléchies, loin du personnage caricatural d'un Don Quichotte. Dans son introduction, il affirme : « Nous sommes tous des enfants de l’audiovisuel public français », citant les incontournables émissions comme Thalassa et C’est pas sorcier. Sa vision se veut claire : « Le service public doit devenir une référence partagée, l’impartialité et la qualité devant primer. »
Réalisé en moins de deux semaines, le rapport, d’une centaine de pages, passe au crible France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, ainsi que l'INA, représentant un budget annuel de quatre milliards d’euros. Alloncle y propose des réformes pour « faire mieux avec moins », un impératif pour cette industrie en crise, précise-t-il.
Les grandes lignes des réformes proposées
Voici un extrait des recommandations les plus marquantes :
- Rétablir l’équilibre financier de France Télévisions d’ici 2026 et reconstituer ses capitaux propres;
- Réduire le budget global de l'audiovisuel public d'environ un tiers;
- Fusionner France 2 et France 5 pour générer 200 millions d'euros d’économies annuelles;
- Rationaliser les réseaux régionaux pour économiser 138 millions d'euros par an;
- Supprimer France 4 et revoir l'offre de programmation sur Slash et Mouv'.
Un des points délicats est la recommandation d'augmenter la part de production interne de 20 à 33% afin de diminuer la dépendance vis-à-vis des producteurs privés. À ce sujet, plusieurs experts soulignent l'importance de cette initiative pour garantir la qualité de l'information diffusée, à condition d’une gestion rigoureuse des ressources.
Le financement et la gouvernance
Le rapport souligne la nécessité d’un contrôle renforcé, suggérant des bilans réguliers de la Cour des comptes tous les cinq ans. Alloncle propose également de transférer la tutelle de l'audiovisuel public sous l'autorité du Premier ministre, afin d’assurer une meilleure coordination.
En évoquant la fusion de Franceinfo et France 24, il espère créer une chaîne francophone de premier plan, représentant « une voix internationale forte pour la France ». Le besoin d’intégrer le numérique dans l’audiovisuel public est également considérable, à l’heure où la consommation des médias évolue rapidement.
Ce projet ambitieux doit s'accompagner d’un soutien public accru à la création artistique, en se basant sur un label « contenu original français », pour affirmer la souveraineté culturelle du pays.
Pour conclure, les propositions de Charles Alloncle constituent une opportunité unique de repenser notre audiovisuel public, à condition que les acteurs impliqués soient prêts à embrasser le changement. Ce rapport pourrait-être le tournant décisif pour revitaliser un secteur en proie à de nombreuses critiques. Si ces réformes sont mises en œuvre avec rigueur, l'audiovisuel public pourrait bien renaître de ses cendres.







