Il y a six ans, Conner Rousseau entrait dans l'histoire en devenant le plus jeune président de parti en Belgique à seulement 26 ans. Dans son dernier numéro, De Standaard Weekblad propose un éclairage sur ce personnage flamboyant et atypique qui a su redynamiser le Parti socialiste flamand (SP.A) tout en naviguant dans un gouvernement à droite.
En 2019, Rousseau annonce un “électrochoc” pour revitaliser son parti en difficulté. Le jeune président se décrit comme un “socialiste millénial”, et ne tarde pas à frapper les esprits : il se présente au roi en baskets, participe à des émissions de télé-réalité déguisé, et crée un lien direct avec ses concitoyens sur les réseaux sociaux, où il les appelle ses “potes”.
Dans son édition récente, De Standaard Weekblad fait le bilan de ces six années marquées par des succès électoraux, mais aussi par des controverses, comme le soulignent plusieurs experts de la politique belge.
Des mots qui font scandale
Rousseau a réformé profondément le parti, le renommant 'Vooruit', un changement qui reflète l'aspiration à l'avant-garde politique, selon le magazine. Cependant, certains soulignent que son slogan “En avant” pourrait masquer une gestion plutôt ambiguë de la politique, notant que Rousseau, comme l'affirme Trouw, se distingue davantage par ses talents politiques que par son idéologie.
Malgré une montée de son parti à 18 sièges au Parlement flamand après les élections de juin 2024, l’ombre de ses propos racistes et sexistes tenus lors d’un événement arrosé plane toujours sur sa carrière. Après un bref retrait, il est revenu sur le devant de la scène, affirmant être “rappelé par les électeurs”.
Une vision du socialisme contestée
Lors du sommet progressiste à Barcelone, Rousseau a clarifié sa position en matière de socialisme. De Standaard Weekblad s'interroge sur la direction que prend Vooruit: celle de Pedro Sánchez, favorable à une régularisation des sans-papiers, ou celle de Mette Frederiksen, aux politiques migratoires strictes au Danemark ? Rousseau, tout en appelant à un socialisme “rigoureux et sévère”, semble vouloir trouver un équilibre.
En ce qui concerne le rôle de son parti dans le gouvernement belge, de nombreux membres se trouvent déstabilisés par l'orientation “très droitière” de l'exécutif. Leurs préoccupations naissent notamment des coupes dans les allocations sociales et des réformes migratoires sévères. Comme le relève le journal, “pour beaucoup d'adhérents, la pilule sera difficile à avaler”.
Rousseau défend sa stratégie : “Sans nous, cela aurait été bien pire.”







