À l'approche du G7 d'Évian, la Suisse manifeste de plus en plus son agacement envers la France. Prévu du 15 au 17 juin 2026, ce sommet des grandes puissances a des répercussions significatives pour le pays voisin, non convié à la table des discussions. À Genève, des milliers de policiers et militaires se préparent à faire face aux contraintes engendrées par l'événement, qu'ils craignent d'opérer dans un climat de tensions.
La situation est suffisamment préoccupante pour détériorer les relations entre Paris et Berne. Comme l'indique Blick, le président de la Confédération, Guy Parmelin, a adressé une lettre à Emmanuel Macron, exprimant son mécontentement concernant les coûts de sécurité à la charge de la Suisse et le manque de concertation préalable. Le média a même affirmé que "Macron a secrètement entubé la Suisse".
Genève, le cœur des opérations malgré son exclusion
La proximité géographique d'Évian et de Genève fait que le canton supporte la majorité des responsabilités. En effet, la plupart des délégations internationales passeront par l'aéroport de Genève. Pour garantir la sécurité, les autorités helvétiques envisagent de déployer jusqu'à 5 000 militaires aux côtés des milliers de policiers déjà présents. À Genève, 1 500 policiers cantonaux seront mobilisés durant le sommet, renforcés par des équipes supplémentaires venues d'autres cantons.
Dans un souci de sécurité, les autorités suisses prévoient de limiter l'accès aux postes-frontaliers : seuls sept sur trente-cinq resteront ouverts entre le 12 et le 18 juin, afin de contrôler les mouvements vers la France. Les autorités recommandent à la population de privilégier le télétravail pour éviter les désagréments lors de cet événement d'envergure.
Coûts de sécurité : l'inquiétude grandissante
Bien au-delà de la logistique, la question des coûts devient un sujet brûlant. Les souvenirs du G8 d'Évian en 2003 planent encore. À l'époque, des millions de francs suisses avaient été nécessaires pour sécuriser Genève, avec une participation financière française jugée insuffisante par les autorités locales. Aujourd'hui, le porte-parole de la Confédération, cité par Le Canard Enchaîné, a indiqué que la France avait promis 12 millions d'euros, représentant seulement un quart des dépenses totales attendues pour la sécurité.
Les spectres des violences de 2003
Inévitablement, l'angoisse monte face à la menace de manifestations, notamment de la part des altermondialistes. Bien que le rassemblement "No G7" à Annemasse ait été annulé, des craintes persistent quant à d'éventuelles mobilisations à Genève, repropulsant en mémoire les violences du G8 en 2003, qui avaient dégradé des commerces et provoqué des affrontements.
Un impact sur la culture sportive
En outre, les contraintes de sécurité imposées par le G7 affectent aussi des événements populaires. À Genève et Lausanne, les projets de fan zones pour la Coupe du monde de football ont été abandonnés, les autorités n'ayant pas les effectifs nécessaires pour gérer simultanément ces rassemblements et le sommet.
Alors que la date approche, les critiques fusent et les tensions se exacerbent entre deux pays historiquement liés. La gestion de cet événement s'avère complexe, tant sur le plan sécuritaire que relationnel.







