Le 4 juin dernier, l'Assemblée nationale a accueilli le vote quasi unanime d'une proposition de loi portée par le député communiste Julien Brugerolles, visant à améliorer les petites retraites agricoles. Un soutien presque total des députés, à l'exception de quelques voix abstentionnistes, malgré le manque de soutien gouvernemental, témoigne de l'importance de cette mesure.
Cette loi s'inscrit dans la continuité des réformes initiées par les lois Chassaigne de 2020 et 2021, visant à revaloriser les retraites pour les agricultrices et agriculteurs. Elle propose d'étendre la revalorisation des pensions à 85 % du SMIC, soit environ 1 200 euros par mois, touchant près de 200 000 bénéficiaires, essentiellement des femmes. Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) souligne que cela constitue une avancée significative pour ces travailleurs souvent ignorés.
En complément, le texte de loi introduit un nouveau mode de calcul pour les pensions majorées et propose la suppression d'un mécanisme qui pénalisait environ 100 000 retraités ayant cotisé à plusieurs régimes. Cette mesure vise à rectifier certaines des injustices persistantes dénoncées par les syndicats agricoles.
La suite des lois « Chassaigne »
Le député Brugerolles, qui a succédé à André Chassaigne en 2025, prend le relais d’un combat mené sur plusieurs années pour améliorer la condition des retraités du secteur agricole. L’adoption de deux lois précédentes, jugées essentielles, a permis de rétablir partiellement des droits naguère érodés, mais des lacunes restent à combler.
Le parcours législatif de cette proposition est seulement en phase initiale ; son avenir dépend désormais du Sénat. Une adoption par la Haute Assemblée entraînerait une seconde lecture dans les deux chambres, à moins que le gouvernement ne décide de s'approprier le texte, un scénario jugé peu probable à ce jour.
Des experts comme Marc Cormier, économiste spécialisé dans les retraites, estiment que cette initiative pourrait également ouvrir un débat plus large sur les politiques de retraite en France. "Il est temps de repenser notre approche des retraites pour soutirer de véritables progrès sociaux," rappelle-t-il. Les opinions divergent, mais ce débat est désormais plébiscité dans la sphère politique française, selon L'Humanité.







