L'essentiel
Le 3 juin dernier, l'Assemblée nationale a validé une proposition de loi qui vise à réduire l'exposition au cadmium, un métal lourd jugé préoccupant pour la santé publique. Utilisé dans certains engrais agricoles, le cadmium pose un risque majeur pour la population.
Ce texte, porté par le groupe écologiste, a été adopté avec un consensus notable : 144 voix pour et 22 contre. Il se dirige maintenant vers le Sénat pour une étude approfondie avant une éventuelle adoption définitive.
Une baisse progressive de la présence du cadmium dans les engrais
La mesure phare de la nouvelle législation concerne les engrais phosphatés, identifiés comme une source majeure de contamination des sols. À partir du 1er janvier 2027, la concentration maximale autorisée en cadmium sera limitée à 40 milligrammes par kilogramme d'anhydride phosphorique, puis à 20 milligrammes d'ici 2030. Cette initiative vise à diminuer les apports en cadmium dans les terres agricoles, pour, finalement, en réduire la présence dans notre alimentation.
Actuellement, la France applique un seuil permissif de 90 mg/kg, dérogatoire à la réglementation européenne, qui fixe ce taux à 60 mg/kg selon les normes instaurées en 2022.
Des effets attendus sur le long terme
Cette législation s'inscrit dans une stratégie de prévention, en ciblant l'origine de la pollution. En limitant le cadmium dans les engrais, les parlementaires espèrent contenir l'exposition des Français à long terme. Une étude publiée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) projette qu'en 2025, presque la moitié des adultes français dépasseront les niveaux d'exposition recommandés.
Ce problème devient d'autant plus pressant, car le cadmium est lié à divers risques sanitaires, incluant des cancers, des dysfonctionnements rénaux et des problèmes osseux. L'ANSES souligne l'importance d'agir d'urgence pour protéger la santé publique face à cette menace invisible.







