La notion de privilège peut être très subjective, surtout lorsqu'on aborde le thème du niveau de vie. Serge Guérin, sociologue reconnu, nous apporte un éclairage précieux sur cette question épineuse.
Une vision nuancée du pouvoir d'achat
Récemment, les médias et diverses personnalités ont largement diffusé l'idée que les retraités ont un pouvoir d'achat supérieur à celui des actifs. On entend souvent dire que leurs revenus seraient de 10 % plus élevés. Toutefois, cette affirmation mérite d'être examinée de plus près.
Il est naturel que ceux ayant travaillé plusieurs décennies disposent de revenus plus importants que les jeunes entrants sur le marché du travail. Si l’on se concentre sur les actifs de plus de 55 ans, on constate que les niveaux de vie sont finalement très proches. En effet, selon les statistiques de l'INSEE, le revenu médian annuel des individus de moins de 55 ans atteint 15 500 €, tandis que celui des retraités est légèrement inférieur à 15 410 €.
Une réalité contrastée
Les données du Conseil d’orientation des retraites révèlent que le pouvoir d'achat des retraités est maintenu notamment grâce à un phénomène de "noria". En d'autres termes, les nouvelles générations de retraités, ayant souvent bénéficié de carrières mieux rémunérées et plus complètes, influencent le tableau global. En dehors de cet aspect, les pensions tendent à baisser depuis 1992.
À titre d’exemple, un cadre de 85 ans a vu son pouvoir d'achat diminuer de 10 %, tandis qu’un non-cadre subit une baisse de 2 à 7 %. Ces chiffres sont éloignés du stéréotype des retraités systématiquement privilégiés.







