Réputé pour sa franche opposition à l'administration de Benyamin Netanyahu, Nadav Lapid, un réalisateur israélien couronné, fait face à un boycott culturel. Ce dernier devait prendre part au Festival international de cinéma de Marseille, mais la pression émanant de cinéastes et de militants pro-boycott l’a contraint à renoncer.
Au cœur de cette controverse, son film Oui, qui a reçu 12 % de son financement d'un fonds public israélien, est critiqué par ceux qui soutiennent cette action en faveur de la Palestine. Les boycottants affirment que leur lutte ne se base pas sur la qualité ou le contenu des œuvres, mais exclusivement sur les conditions de leur financement, pour « agir contre une réalité coloniale et génocidaire ».
Malgré le soutien public de nombreuses personnalités, dont Elias Sanbar, ancien ambassadeur de Palestine à l'Unesco, Lapid reste en ligne de mire. L’ex-ambassadeur a fermement défendu son point de vue, déclarant que la créativité est un outil essentiel dans la lutte contre l'oppression.
Ce débat rappelle une polémique similaire survenue en septembre, où la regrettée Leïla Shahid, ex-déléguée générale de Palestine, avait exprimé son indignation face à ce type de boycott. Dans une déclaration virulente, elle avait affirmé : « Je suis complètement contre cette stupidité de dire qu’il faut boycotter votre film parce qu’il a eu des aides. Une arme très importante de lutte contre cette idéologie et cette maladie dans la société israélienne, c’est que les créateurs puissent travailler. »
Face à cette opposition, Nadav Lapid a interrogé : « Depuis quand ces gens représentent plus la cause palestinienne qu’Elias Sanbar et Leïla Shahid ? » Cette question soulève des réflexions profondes sur la représentation et la liberté d’expression au sein de la communauté artistique.







