Pour stabiliser ses finances publiques, la France doit entreprendre un ajustement budgétaire estimé à 125 milliards d'euros d'ici 2032, suggère le rapport présenté ce mercredi 15 juillet par un groupe d'experts. Ces économistes, parmi lesquels Xavier Jaravel et Natacha Valla, ont été mandatés pour évaluer la dynamique des dépenses et des recettes publiques, dans l'hypothèse d'une continuité des mesures actuelles.
Leur constat est sans appel : les dépenses publiques augmenteront plus rapidement que les recettes. Le déficit, qui était de 5,1% du PIB en 2025, pourrait grimper à 5,9% en 2027 et atteindre 6,8% en 2030. Cette tendance s'accompagnerait d'un accroissement significatif de la dette publique, anticipée à 130% du PIB contre 118% en 2026, soit une augmentation colossale.

Les économistes identifient plusieurs raisons à cette inflation des dépenses : d'une part, l'augmentation de la charge d'intérêt de la dette, estimée à environ 46 milliards d'euros d'ici 2030. De plus, le vieillissement de la population conduira à une montée des dépenses de retraite, estimée à 47 milliards d'euros.
Une crise en approche ?
Les experts notent également que les dépenses de santé pourraient bondir de 40 milliards d'euros d'ici 2030, en raison de l'état de santé vieillissant de la population française, tandis que la loi de programmation militaire prévoit une hausse budgétaire de 19 milliards.
Pour éviter cette dérive budgétaire, les économistes exhortent le gouvernement à envisager des réformes sur les dépenses publiques. Ils soulignent que "l'ampleur de l’ajustement est telle que les efforts devront être partagés", et indiquent qu'il est irréaliste de s'attendre à ce qu'un groupe minoritaire alone supporte l’ensemble des ajustements nécessaires, selon le rapport.
Loin d'être un simple diagnostic, ce rapport se veut un appel à l'action pour prévenir un avenir économique plus sombre et moins équilibré pour la France, à un moment où la réflexion autour des finances publiques devient plus que jamais cruciale.







