En 2026, la région Grand Est célèbre son dixième anniversaire, regroupant l'Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Pourtant, une décennie après la fusion, les Alsaciens font encore face à des sentiments d'incompréhension et de mécontentement.
Une récente enquête révélait que 88% des habitants d'Alsace souhaitent toujours réclamer une séparation de la région Grand Est. Malgré les promesses d'amélioration, de nombreux Alsaciens expriment le sentiment que leur identité est mise en péril. Danièle, une Strasbourgeoise, déclare avec dépit : « Il n'y a pas eu d'amélioration. C'est peut-être pire, mais pas mieux. » Dans le centre-ville de Strasbourg, les voix d'accord se font rares, avec quelques exceptions comme celle de Salomé, qui, d'une perspective extérieure, observe : « Ils ont réuni tout le monde pour une raison, peut-être qu'il y a des avantages que nous ne connaissons pas. »
Cependant, d'autres, comme Jacky, local de toujours, soulignent que les promesses d'avantages n'ont souvent pas été tenues. « Au contraire, on a dû contribuer financièrement à des départements moins riches », déplore-t-il. La crainte est de voir l'Alsace diluée dans un ensemble où ses spécificités risquent de disparaître.
Le fossé se creuse entre les habitants et le conseil régional, perçu comme distant et peu attentive aux préoccupations quotidiennes. Pour fortifier cette distance, des manifestations ont eu lieu, notamment en octobre 2014, avec plusieurs milliers de personnes à Strasbourg protestant contre la fusion, un climat de mécontentement qui demeure selon des chiffres récents.
Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que des sondages, comme celui de l'Ifop réalisé en août 2025, montrent que 80% des Alsaciens souhaitent que leur région retrouve une identité véritable et autonome. Dans une lettre de mai 2024 adressée à Emmanuel Macron, des élus de plusieurs grandes villes alsaciennes ont exprimé leur opposition à cette fusion, renforçant le sentiment que la lutte pour l'identité alsacienne est loin d'être terminée.
Le débat est vif et soulève des questions quant à l’avenir de l’Alsace. L'expert de la régionalisation, Pierre Moreau, indique que « la question de la reconnaissance identitaire est essentielle pour le développement de la région et la cohésion sociale. Sans cela, la paix sociale pourrait être menacée. » Alors que le Grand Est continue d'évoluer, les Alsaciens se battent pour protéger leur héritage culturel distinct.







