« Je ne me retrouve pas dans cette campagne toxique », a déclaré Bruno Retailleau, le président des Républicains, en refusant de soutenir Christian Estrosi, le maire sortant d'Horizons, qui affronte Éric Ciotti au second tour des municipales.
Ce refus, exprimé le 18 mars, soulève des tensions au sein des Républicains à l'approche d'une élection cruciale. Retailleau a critiqué la campagne d'Estrosi, la qualifiant de délétère, notamment en raison de sa tentative d'appel à la gauche, alors que plusieurs candidats LR figurent sur sa liste. Dans une interview accordée à BFMTV, il a souligné qu'il ne donnerait pas de consignes de vote : « Je laisse le choix aux électeurs en leur âme et conscience ».
Éric Ciotti, favori de ce scrutin, s'est dit ravi des critiques formulées par Retailleau : « Je le remercie d’avoir dénoncé la campagne nuisible d’Estrosi », a-t-il tweeté. L’ancien ministre de l'Intérieur a également exprimé ses réserves sur l'accord national qui liait Horizons et les Républicains, soulignant les contradictions évidentes entre le discours et les actes.
Pour sa part, Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France, a dénoncé ce que lui appelle un soutien insidieux à Ciotti, tout en maintenant son appui à Estrosi. « Quelle indignité ! », a-t-il ajouté, en référence à des déclarations passées de Nicolas Sarkozy.
Le Premier ministre, Gabriel Attal, a également réagi, dénonçant la perte de repères fondamentaux au sein des différents partis, accusant la gauche et les Républicains de s'allier avec des forces qu’ils devraient normalement condamner. Il a écrit sur X que ces alliances, motivées par des intérêts personnels, servaient de tremplin pour l'extrême droite comme pour l'extrême gauche.
La gauche trahit ses idéaux
Bruno Retailleau, qui envisage une candidature pour l'Élysée, a aussi critiqué les accords de la honte avec LFI, avançant que le PS et les écologistes incarnent un antisémitisme à géométrie variable. En comparant les refus d'accords au niveau national avec les alliances locales, notamment à Nantes et Lyon, il a exprimé son indignation face à ce qu'il perçoit comme des trahisons des idéaux de la gauche.
Briser les alliances malheureuses
Retailleau a aussi mis en exergue la stratégie du Rassemblement National, en l'accusant de favoriser la gauche lors des élections municipales. Il a rejeté la main tendue de Jordan Bardella, lui demandant comment il pouvait espérer une union contre la gauche tout en maintenant ses propres candidats au second tour.
Enfin, il a promis d'exclure tout membre des Républicains s'ils décidaient de collaborer avec l'extrême droite. Cette situation met en lumière les fractures au sein du paysage politique français, révélant des tensions persistantes à l'approche d'élections décisives.







