Catherine Trautmann, arrivée en tête lors du premier tour de l'élection municipale à Strasbourg avec 25,9 % des voix, a mis en lumière, lors de son dernier meeting, une "gauche qui se radicalise à l'extrême". Elle a critiqué l'alliance de la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian, avec le candidat de La France insoumise, Florian Kobryn.
L'ancienne ministre de la Culture, lors de son discours face à la cathédrale, a dénoncé les "appareils politiques nationaux, enfermés dans leurs logiques internes, déconnectés des réalités des citoyens". Pour elle, Strasbourg ne doit pas devenir un simple "trophée" pour des partis politiques parisiens.
Elle a accusé Barseghian de se "placer sous la tutelle de LFI" et a mis en garde contre une stratégie politique déconnectée des préoccupations réelles des habitants. Cette situation, selon elle, détériore le paysage politique local.
Catherine Trautmann assure sa liberté d'alliance
Trautmann a également fait référence à son récent rapprochement avec Pierre Jakubowicz, candidat d'Horizons, suscitant des critiques au sein du Parti socialiste. Olivier Faure, le leader des socialistes, a jugé que cette alliance plaçait Trautmann "en dehors du parti". "Quand la gauche abandonne la République, elle laisse un terrain fertile à l'extrême droite", a-t-elle déclaré, défendant sa stature de "femme libre" dans la politique.
"Mais quand la gauche se radicalise à l'extrême, elle se fourvoit".
Trautmann a dénoncé une "écologie d'affichage" et un abandon des valeurs qui devraient défendre les plus défavorisés. Le second tour, prévu dimanche, verra une triangulaire avec Jean-Philippe Vetter, qui a obtenu 24,23 % des voix.
Alors que le climat politique à Strasbourg devient de plus en plus tendu, les déclarations de Trautmann semblent marquer une volonté de recadrer le débat et de redéfinir ce que pourrait être la gauche de demain. La question qui demeure est de savoir si ces discours seront suffisants pour mobiliser les électeurs face à une opposition qui, elle, semble unie autour d'objectifs communs.







