À Prilly, dans le canton de Vaud, une manœuvre controversée a conduit plusieurs résidents à figurer sur une liste électorale du PLR (Parti libéral-radical suisse), tout cela à partir d'une simple signature. Parmi ces personnes se trouve Claudia Castro, garagiste de 44 ans, qui se retrouve élue sans l’avoir voulu.
En janvier 2026, une femme se présente dans leur garage avec une feuille à signer pour "préserver des places de parking dans le quartier". Claudia et son mari, Joel, ainsi que leurs employés et leur fils, sensibles à cette problématique locale, y inscrivent leurs coordonnées. "On a juste fait confiance, on ne s'est pas posé plus de questions", raconte Claudia dans un entretien avec RTS (Radio Télévision Suisse).
Deux mois plus tard, la surprise est totale lorsque leurs noms apparaissent sur une liste électorale pour les élections communales. "C'est une amie qui m'a montré un prospectus avec nos photos dessus. C'est comme ça que je l'ai appris", explique-t-elle, visiblement choquée. Le 8 mars, Claudia est élue avec près de 700 voix.
"Je n’ai ni le temps ni l’envie de m’engager"
"Cela m’a révoltée. Je n’y connais rien à la politique. Je n’ai ni le temps ni l’envie de m’engager", affirme-t-elle. Après cette élection inattendue, les sollicitations se multiplient, mais aucune réponse n'est donnée. "La façon dont ils ont fait ça, c’est vraiment malhonnête", estime-t-elle. Son mari abonde dans son sens : "On se retrouve partout, sans notre consentement. Si j'avais voulu faire partie du PLR, j'aurais candidaté moi-même."
Du côté du PLR de Prilly, on refuse de parler de tromperie. "Il n’a jamais été question de pétition", assure Tony Capuano, membre du comité, qui évoque un "processus clair" visant à élargir la liste électorale car "plus nous sommes nombreux, plus nous avons de voix". De l’autre côté, la commune maintient que la procédure est conforme. "Ce n’est pas à l’administration de contrôler si une personne a bien compris ce qu’elle signait", précise-t-on.
"Une ligne rouge a été franchie"
Un autre élément suscite l'étonnement : les photos de campagne du couple, retouchées par intelligence artificielle, modifiant vêtements et visages. "Je crois que tout le monde retouche les photos aujourd’hui", relativise Tony Capuano.
Pour Rebecca Joly, élue écologiste, "une ligne rouge a été franchie". Elle souligne que le document officiel, qui ressemble à une pétition, peut prêter à confusion. "Faire partie d’un Conseil communal doit être un choix éclairé", s’insurge-t-elle.
Désormais, Claudia Castro se retrouve dans une situation délicate : siéger, démissionner ou refuser publiquement ce mandat. Aucune de ces options ne semble adéquate pour elle, d’autant plus que le nom de la famille est également celui de leur garage. "Nous craignons pour notre image", confie-t-elle. En attendant, le couple espère des excuses. "Et qu’on arrête là", conclut Claudia.







