
Le nouvel élu de La France insoumise (LFI), Bally Bagayoko, ne doit pas se séparer d'agents municipaux en désaccord avec sa politique, a averti David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, dans une lettre adressée à l'élu le 26 mars.
« Aucune autorité municipale ne peut légalement laisser entendre que la situation d’agents communaux pourrait dépendre de leur adhésion politique », précise le ministre, dont le courrier a été consulté par Le Monde.
Bagayoko, qui a été élu dès le premier tour des municipales, a évoqué ce sujet dans un discours prononcé après sa prise de fonction, affirmant : « Certains agents auront des difficultés à porter un projet qu'ils ont combattu. Il ne sera pas possible de rester dans un service de tranquillité publique en visant une option politique battue dans les urnes. »
Le maire a aussi mentionné sur CNews que « les fonctionnaires répondent à une commande politique », indiquant que des départs d’agents en désaccord avec sa vision pourraient se produire dans un cadre de mobilité « totalement naturelle » sans pour autant les « mettre dehors ».
Des mises en garde sérieuses
Dans son courrier, David Amiel souligne que tout licenciement d’un agent pour des raisons politiques serait illégal et pourrait être annulé par un juge administratif. Cela pourrait également être considéré comme du harcèlement moral ou une forme de discrimination. « Leur loyauté envers l’institution ne se confond en aucun cas avec leur adhésion partisane », nuance le ministre.
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a également averti que les mouvements de personnel seront « surveillés de près par les préfets » après un changement de majorité. Lors du dernier conseil des ministres, il a évoqué des décisions en lien avec des maires ayant tenu des discours choquants, affirmant : « Les propos sur les agents municipaux devant prendre la porte sont inappropriés. »
Sur France 2, Bally Bagayoko a expliqué que la municipalité envisageait un « processus de désarmement » de la police locale, bien que les armes à feu soient maintenues, tout en cherchant à garder une police municipale proche et réactive.







