À Romagne-sous-Montfaucon, Jean-Paul de Vries a ressenti le besoin de tirer un trait sur son activité après près de 200 000 visiteurs en deux décennies. Son musée, unique en son genre, accueille des pièces historiques précieuses, mais beaucoup d'entre elles ont été récupérées dans les champs via des fouilles, ce qui soulève des questions légales.
Agé de 57 ans, ce Franco-Néerlandais a déclaré avec émotion: « C'est une décision difficile à prendre, mais je n'ai plus la force d'affronter un combat que je considère injuste. » La fermeture est prévue pour la fin de l'été, une triste fin pour un projet né de sa passion pour l'histoire et de son engagement pacifiste. Le 3 juillet dernier, il a été confronté à une surprise désagréable : une perquisition menée par les autorités a débouché sur la saisie de nombreux objets de valeur.
Casques, fusils, drapeaux, gamelles…
Les Douanes ont saisi près de 15 000 objets, dont le sort doit être déterminé au cours d'une enquête. Jean-Paul de Vries, bien conscient des réglementations, a souligné qu'il ne revendique pas ses objets, mais les a rassemblés pour transmettre un message clair : l'horreur de la guerre. « Mon intention était d'enrichir un musée chargé de sensibiliser le public, pas de générer un profit », a-t-il expliqué.
Les objets, trouvés par des agriculteurs, illustrent les horreurs des conflits passés. Le musée était un moyen pour De Vries de préserver cette histoire et d'éviter que des témoins du passé soient relégués à la ferraille. Également auteur de plusieurs ouvrages sur la guerre, il a réalisé de nombreuses actions de sensibilisation, comme installer 15 000 drapeaux rouges, symbolisant le sang et l'amour des familles pour les victimes. Ce geste marquant sera bientôt renouvelé sur les plages d'Omaha Beach en Normandie.
Malgré les poursuites engagées contre lui, Jean-Paul demeure déterminé à faire entendre ses objectifs pédagogiques. « J'ai accueilli des milliers d'Écoliers et des membres des forces de l'ordre dans mon musée. Mon souhait est d'être reconnu pour mon engagement à préserver la mémoire collective », souligne-t-il.
Dans cette situation difficile, l'espoir demeure : la possibilité que sa commune, Romagne-sous-Montfaucon, récupère ces objets saisis pour y établir un musée dédié à la mémoire et à la paix. Une initiative qui pourrait permettre à son œuvre de perdurer, malgré l'adversité.







