Les betteraviers expriment de vives inquiétudes concernant la soudaine apparition de pucerons dans leurs cultures, exacerbée par des températures inhabituellement chaudes. Ces insectes, porteurs de la jaunisse virale, pourraient causer jusqu'à 70 % de pertes dans les récoltes, selon les estimations du secteur. En réponse, le syndicat des betteraviers français (CGB) exhorte les autorités à rétablir l'utilisation de certains pesticides interdits en France.
Cette situation a été particulièrement aggravée cet été, avec les conditions météorologiques favorisant l'invasion des pucerons dans les champs de betteraves sucrières, un pilier important de l'économie régionale en Champagne-Ardenne. Les producteurs, conscients des risques, réclament la réintroduction de produits phytosanitaires tels que le flupyradifurone, qui serait appliqué lors de l'enrobage des semences. Selon Cyril Cogniard, président de la délégation Champagne-Bourgogne du syndicat CGB, "Ce produit assure une protection d'environ six semaines, nous permettant de préserver les jeunes plants lors de leur développement, moment critique face aux attaques des pucerons".
Comme l'acétamipride, le flupyradifurone est actuellement prohibé en France. Cogniard milite pour sa réintroduction, soutenue par le projet de loi Duplomb 2, qui vise à aligner les réglementations françaises sur celles d'autres pays européens. Comme le souligne Cogniard, "Nous ne devons pas rester isolés, ni mettre en danger nos producteurs de betteraves sucrières chaque année !"
Soutien à la loi Duplomb 2
Malgré une approbation initiale du projet de loi Duplomb 2, ce-dernier a été largement critiqué et censuré l'été précédent par le Conseil constitutionnel pour non-conformité avec la Charte de l'environnement. Ce retournement a suscité des frustrations parmi les agriculteurs.
Hausse des coûts et conséquences économiques
La situation est d'autant plus préoccupante dans le contexte des hausses de coûts des matières premières, exacerbées par le conflit au Moyen-Orient. L'augmentation des prix des engrais et du gazole non-routier, essentiels au fonctionnement des exploitations, rend la situation encore plus délicate. Ce climat a suscité des craintes quant à une année 2020 similaire, où la filière avait subi une perte nationale de 30%.
Face à ces défis, le syndicat reste mobilisé pour obtenir un soutien réglementaire et financier. Les producteurs attendent des réponses urgentes pour sécuriser leur avenir face aux nombreuses menaces, tant environnementales qu'économiques.







