Audrey Mondjehi, un récidiviste âgé de 44 ans, a écopé vendredi en appel d'une peine de 30 ans de réclusion, pour avoir soutenu Chérif Chekatt dans l'acquisition de l'arme ayant servi à l'attentat meurtrier de Strasbourg, survenu en 2018.
La cour d'assises spéciale d'appel de Paris a validé la décision rendue en première instance, y compris les 20 ans de période de sûreté, durant laquelle il ne pourra demander une libération conditionnelle. En outre, une interdiction définitive du territoire a été imposée à ce citoyen ivoirien.
Chérif Chekatt, après avoir été traqué pendant deux jours, a été abattu par les forces de l'ordre. Mondjehi, quant à lui, clame ne pas avoir été au courant de la radicalisation de Chekatt, rencontrant celui-ci alors qu'ils étaient en détention depuis 2007, et soutenant qu'il l'avait seulement aidé à se procurer une arme.
Le 11 décembre 2018, après avoir prêté allégeance à l'État islamique (EI), Chekatt, alors âgé de 29 ans et fiché S pour sa radicalisation, a attaqué le marché de Noël de Strasbourg, un lieu attirant près de trois millions de visiteurs par an. Il a ouvert le feu sur les passants en criant "Allah Akbar !", tuant cinq personnes et en blessant onze autres dans cette zone bondée de la capitale alsacienne.
Après deux jours de recherches intensives, il a été localisé et abattu dans le quartier du Neudorf, qu'il connaissait profondément, ayant grandi dans ce secteur.
Lors du procès en première instance, deux complices, reconnus coupables d'association de malfaiteurs sans mentionner la dimension terroriste, ont été condamnés à respectivement quatre et cinq ans de prison, avec des peines de sursis. Un troisième accusé a été acquitté.
En ce qui concerne Albert B., l'octogénaire ayant vendu l'arme à Mondjehi et Chekatt, il ne sera jamais jugé : une expertise médicale a déterminé que son état de santé n'était pas compatible avec une comparution, et il n'avait pas pu être présent lors de la première instance.
Cette décision de la cour d'appel fait écho à l'horreur de la tragédie, rappelant à la France l'importance d'une vigilance constante face à la montée du terrorisme. Les experts s'accordent à dire que de telles peines doivent servir d'exemple pour dissuader de futures collaborations avec des individus radicalisés.







