Longtemps sous-estimé, le genre de la romance pèse aujourd'hui 10 % du marché littéraire, selon les données de l'institut NielsenIQ BookData. Lors du récent Festival du Livre, sa place prédominante a été mise en lumière, attirant une multitude de passionnés.
"Tu me diras si tu as aimé ? Tu me suis sur Insta ?" s'exclame Anita Rigins, en tendant un exemplaire dédicacé de son roman The Whisperer à une jeune lectrice émue. Dans la librairie parisienne Plan Cœur, spécialisée dans l'univers de la romance, l'écrivaine de 27 ans, également juriste, compte déjà une dizaine d'œuvres à son actif.
Les ventes de livres de romance en France devraient atteindre près de 11 millions d'exemplaires en 2025, un chiffre qui a doublé par rapport à 2021. Parmi les auteurs phares de ce renouveau, Morgane Moncomble se classe parmi les vendeurs les plus populaires, comme l'indiquent les classements du Figaro Littéraire.
Adeline Florimond-Clerc, chercheuse à l'université de Lorraine et co-auteure de New Romance : anatomie d'un phénomène éditorial, souligne que "la littérature sentimentale a longtemps été considérée comme inférieure, souvent stéréotypée comme féminine et mal écrite". Toutefois, avec l'essor du genre, des grandes maisons d'édition telles que Hachette et Albin Michel ont lancé leurs propres collections romance. Le succès est tel que plusieurs événements lui ont été consacrés au Festival du Livre, célébrant son impact culturel.
des scènes parfois très explicites
Pourquoi un tel engouement pour la romance moderne, ou "new romance"? Selon Adeline Florimond-Clerc, ce genre, qui est apparu il y a environ dix ans, s'inspire des romans sentimentaux classiques. "Les histoires mettent en scène deux personnages principaux et intègrent des passages plus ou moins explicites concernant la sexualité", précise-t-elle.
Cependant, ces scènes ne sont pas présentes simplement pour le plaisir. "Les lectrices attendent qu'elles apportent une dimension significative à l'intrigue et à la dynamique du couple", souligne Roxane Maffre, responsable éditoriale chez Harper Collins. Cette approche reflète un changement sociétal, où la libération de la parole sur le désir féminin est désormais essentielle. "Parler de sexe dans la littérature est devenu normal, voire nécessaire, pour renforcer le réalisme des romans d'amour", conclut-elle.







