Absentéisme, recrutements déficients et problèmes de maintenance sont autant de facteurs qui affectent la ponctualité des bus en grande couronne. Selon des données révélées par ICI Paris Île-de-France, en moyenne 6 000 suppressions de bus sont constatées chaque semaine.
Cette situation, souvent marquée par la formule "en raison de contraintes d'exploitation, les départs suivants sont supprimés" sur les réseaux sociaux, cache un problème majeur : un manque alarmant de chauffeurs et de véhicules. Les usagers se retrouvent souvent dans l'incertitude quant à leur trajet, comme le soulignent les dernières statistiques de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut).
Jusqu'à 84% des suppressions de bus pour causes internes
Un classement récent effectué par l'opposition communiste au conseil régional a mis en lumière les réseaux de bus les plus concernés. Le plus affecté est le réseau Terre d'envol, desservant des communes comme Villepinte et Drancy, où en 2024, 84% des bus supprimés l'ont été pour des raisons internes à la société Transdev. Un constat similaire est partagé pour les lignes opérées par Keolis, notamment celles autour d'Évry, où 7% des bus sont annulés pour des motifs analogues.
Le réseau Seine Grand Orly, également géré par Keolis, a enregistré 60% de ses suppressions pour des causes internes, complétant un tableau inquiétant pour d'autres secteurs comme les liaisons Créteil-Villeneuve-Saint-Georges. Dans l'ensemble, ces problèmes se retrouvent dans 24 des 36 réseaux récemment ouverts à la concurrence.
Une ouverture à la concurrence controversée
Céline Malaisé, présidente du groupe communiste au conseil régional, a critiqué le modèle d'ouverture à la concurrence des réseaux de bus. Elle affirme que cela met une pression accrue sur les conditions de travail et les salaires des employés, signalant que des sociétés entraînent une décote des services pour remporter les contrats. "L'attribution des marchés repose en grande partie sur le prix proposé par l'opérateur", ajoute-t-elle.
Face à ces préoccupations, Île-de-France Mobilités a introduit de nouveaux critères d'attribution des marchés et a instauré des pénalités financières pour les performances médiocres, programmant des discussions avec les opérateurs pour fin mai. Les responsables espèrent voir une amélioration pour certains réseaux en difficulté.
Appel à plus de transparence
Marc Pélissier, président de la Fnaut Île-de-France, a évoqué une "forme d'opacité" entourant les données de ponctualité des bus. Il réclame la création d'un baromètre de ponctualité, similaire à ceux mis en place pour les RER et métros. Bien qu'IDFM ait mentionné envisager cette transparence, aucune date n'est encore fixée.
L'enjeu de la ponctualité et de la fiabilité des bus en Île-de-France revêt une importance capitale dans un contexte où les attentes des usagers sont de plus en plus élevées. Les défis actuels devront être abordés avec sérieux si l'on veut garantir un service public de qualité et accessible à tous les citoyens.







