La question de l'enseignement perdue se pose de manière alarmante dans le Val-de-Marne. Le tribunal administratif de Melun a récemment condamné l'Éducation nationale à trouver un remplaçant pour une professeure de français d'une classe de quatrième, qui a enregistré plus de 60 heures de cours manqués depuis le mois de septembre. Cette décision fait suite à une demande urgente du père d'un élève du collège du Parc à Sucy-en-Brie.
Dans une décision rendue le 27 avril, le juge a souligné le « délais anormalement long » durant lequel les cours de français n’ont pas été dispensés, sans qu'aucune mesure de rattrapage ne soit mise en place. L'académie de Créteil a donc reçu un délai d'une semaine pour réagir. D'après des sources, un remplaçant a finalement été affecté à partir du 23 mars.
Les défis du rectorat
« Les rectorats ne réagissent qu'après avoir reçu une saisine judiciaire », explique Me Joyce Pitcher, l'avocate du père de l'élève. Elle se dit sceptique face à une réponse rapide : « La situation était catastrophique depuis plusieurs semaines », affirme-t-elle. Le rectorat, de son côté, a assuré, lors de l’audience du 20 mars, qu'il prenait ses responsabilités très au sérieux.
« La mission d’intérêt général d’enseignement impose une obligation légale d’assurer l’enseignement de toutes les matières obligatoires », rappelle le jugement. Selon un rapport de la Cour des comptes, 10,3 millions d'heures d'enseignement n'ont pas été dispensées dans les collèges publics en 2023-24, soit 9 % des heures programmées.
Un appel à l'action
Les absences répétées sont un sujet de préoccupation croissante, synonyme de préjudice pour les étudiants. Les tribunaux administratifs ont vu un nombre croissant de requêtes liées à ces problèmes, avec 191 cas déposés depuis 2018. Ce genre de condamnation est relativement rare, au dire de Me Pitcher, qui lutte pour de meilleures conditions au sein du système éducatif avec le mouvement #OnVeutDesProfs depuis 2022.
Alors que tant d'élèves manquent de stabilité dans leur éducation, la pression sur le rectorat n'a jamais été aussi forte pour que des solutions durables soient mises en place.







