Dévaluée depuis sa création, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) apparaît comme le symbole des échecs de la communauté internationale face aux crises instables du Moyen-Orient. La France se place en tête de cette chaîne de renoncements, abandonnant les Chrétiens d'Orient à leur sort.
Le sergent Anicet Girardin est devenu le 145e soldat français décédé au Liban, a souligné la ministre des Armées, Catherine Vautrin. Il était également le premier soldat du 132e régiment d'infanterie cynotechnique à perdre la vie depuis sa rétablissement en 1977. Rappelons que la Finul a été créée en 1978 dans un contexte où le pays du Cèdre était tiraillé par la guerre civile, exacerbée par l'invasion israélienne destinée à mettre fin aux attaques des milices palestiniennes.
La Finul, composée de près de 4 000 casques bleus, avait pour mission d'"observer" et de "rendre compte". Toutefois, lors de l'invasion israélienne de 1982, elle n'a pas réussi à se dresser face à l'agression, se retirant dans l'ombre près de Beyrouth sans anticiper la montée en puissance du Hezbollah.
Après la guerre de 2006, le mandat de la Finul a été "élargi" afin d'accompagner le désarmement du Hezbollah, mais cette initiative a été jugée insuffisante par des observateurs, comme l'indiquait récemment le quotidien Le Monde.
Les limites de l'Onu
Le 7 octobre 2023, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël, le monde a pris conscience des lacunes de l'Onu. New York a ordonné à ses troupes de minimiser les affrontements, détournant ainsi leur attention des dérives des milices chiites.
En effet, jusqu'au dernier cessez-le-feu en avril dernier, la Finul peinait à sortir de ses abris, se contentant de compter les obus, dormant avec la crainte d'être pris pour cible. Ainsi, elle est devenue un simple spectateur passif dans un conflit en évolution rapide.
En août, les États-Unis et Israël ont décidé de mettre fin à son mandat, le rendant alors vulnérable à une érosion progressive de son influence. Ce choix a été controversé, avec des expert(e)s tels que François Heisbourg, directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique, arguant que "toute mission de maintien de la paix nécessite un véritable mandat opérationnel".
Un engagement nécessaire
Bien que la présence de 600 casques bleus français puisse semble anecdotique, leur rôle est crucial pour la stabilité régionale. Emmanuel Macron continue d'aspirer à un nouvel accord de paix entre Beyrouth et Jérusalem, mais à quel prix?
Entretenir l'illusion d'un avenir apaisé ne coûte rien, mais cette inaction pourrait bientôt s'avérer fatale. Les analystes insistent sur la nécessité d'un engagement concret de la France, sinon il serait préférable de retirer les troupes.
Mériadec Raffray est rédacteur en chef des pages monde de “Valeurs actuelles”.







