Neuf mois après la terrible découverte des corps de quatre hommes dans la Seine à Choisy-le-Roi, une expertise récente déclare que le suspect, Monji H., n'est pas en mesure de faire face à des poursuites pénales. Selon le rapport, ce Tunisien de 28 ans, sans-abri et incarcéré depuis son arrestation, souffre d’un « trouble schizophrénique ».
Les experts révèlent que Monji H. aurait présenté, au moment des faits, « des manifestations psychotiques entraînant une perte de contact avec la réalité ». Ils notent qu'il a subi une « abolition du discernement » lors de l'attaque. Cette conclusion pourrait également attester d’une pathologie psychotique non traitée et non stabilisée, reliant ces agissements à son état mental.
Les corps d’Abdellah M., Amir B., Sami K. et Frantz ont été retrouvés le 13 août, suscitant effroi et enquête menée avec rigueur. Monji H., vivant dans un espace désaffecté proche, a été rapidement interpellé, mis en examen, puis écroué.
Dans son rapport, l'expert psychiatre souligne des « activités délirantes à thématique mystique et persécutoire », à l’image de sa déclaration où il relate des visions de nuages lui ordonnant des actions violentes. « J’ai commencé à voir des nuages… c’était plus fort que moi », aurait-il affirmé lors de son évaluation.
Des visions troublantes
Ces révélations rendent compte d’un état d’esprit dérangé. Lors d’un interrogatoire, Monji H. a expliqué avoir interprété ces apparitions comme des messages divins. Il a décrit avoir strangulé Amir B. après l'avoir vu se transformer en animal. Des comportements inquiétants lors de son incarcération, y compris des tentatives d’agression sur d'autres détenus, illustrent la gravité de son état.
La découverte des corps, dans un lieu connu pour être un point de rencontre gay, a conduit l'association STOP Homophobie à soulever des questions sur d'éventuelles motivations homophobes, bien que cela ne soit pas mentionné dans l'expertise.
Les familles en quête de justice
La réaction des familles des victimes est vive. Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, l'avocat de la famille d'Amir B., exprime leur frustration face à cette situation. « Mes clients sont en colère, car cela les prive de la possibilité de confronter l'assassin de leur proche en justice. » Il ajoute qu'une seule expertise ne peut suffire, anticipant une demande de contre-expertise.
Au fur et à mesure que l’affaire progresse, la tension monte autour des questions de responsabilité et de justice, alors même que le drame continue d'affecter ceux touchés par cette tragédie.







