Le centre de réemploi d'Uzaje, reconnu comme le premier en Europe, a récemment mis la clé sous la porte, provoquant de vives inquiétudes en Alsace. Inauguré avec enthousiasme en mai 2024, son effondrement a été officiellement déclaré le 11 mai 2026, suscitant de nombreuses interrogations sur l’avenir des opérations de réemploi dans la région.
Avant sa fermeture, Uzaje avait pour mission de nettoyer quotidiennement des dizaines de milliers de contenants utilisés dans la restauration et l'événementiel. Cependant, cette ambition n’a jamais pu être réalisée, comme le souligne la coordinatrice de Zéro déchet Strasbourg, Carole Bridault : "Nous avons des objectifs de réemploi d'emballages fixés par la loi, mais nous sommes encore loin du compte. En 2027, nous devrions atteindre un taux de 10% d'emballages réemployés, alors qu'en 2026, nous n'en sommes qu'à 1,8%".
La fermeture d'Uzaje envoie un "mauvais signal" aux parties prenantes, et pose des questions sur le soutien nécessaire pour le réemploi. Le centre a été conçu pour remplir ces objectifs, mais a échoué à attirer une clientèle suffisante. Bridault mentionne une "résistance" persistante de la part des industriels et des supermarchés, qui se montrent timides face à l'adoption de ces initiatives.
Les conséquences pour les acteurs locaux
Pour de nombreux entrepreneurs, la liquidation d'Uzaje entraîne des conséquences financières lourdes. Benjamin Pastwa, fondateur de la brasserie Bendorf à Strasbourg, a investi dans des équipements spécifiques pour la collecte et le lavage des bouteilles. "Nous avons investi et nous nous retrouvons maintenant pénalisés", déclare-t-il. Ces investissements risquent de devenir inutilisables, ajoutant une charge supplémentaire pour les petites entreprises.
Face à cette situation, Pastwa et Bridault appellent à un renforcement des contrôles pour garantir le respect de la législation sur le réemploi. Ils insistent sur l'importance d'un engagement réel et visible des acteurs politiques et économiques dans ce domaine crucial pour l'environnement.
Le cas d'Uzaje met donc en exergue les défis que rencontrent les initiatives de réemploi en Alsace, accentuant l'urgence d'un soutien structurel et d'une mobilisation collective pour inverser la tendance et bâtir un avenir durable.







