"Maintiens !", ordonne le sergent-chef Aymeric au caporal-chef Clément alors que leur drone s'engage dans un bâtiment abandonné. Une panne de communication fait chuter l'appareil, mettant à l'épreuve leurs compétences lors du premier "challenge international" de drones militaires, organisé en France.
Malgré les difficultés, les deux soldats du 7e bataillon de chasseurs-alpins reçoivent des encouragements de l'arbitre, saluant un bon résultat. "Ce n'est pas simple en termes d'environnement", admet Clément, retirant son casque immersif, semblable à ceux utilisés en réalité virtuelle, utilisé pour piloter son drone FPV (First Person View).
Ils font partie des 48 équipes, incluant 11 nations alliées comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la Pologne, qui ont participé à cet événement organisé par l'Armée de terre sur la base de Semoutiers-Montsaon. À cet emplacement, le 61e régiment d'artillerie, unique régiment de drones de l'armée française, est basé depuis 1999.
La place croissante des drones dans les conflits modernes est qualifiée de "révolution" par Pierre Schill, chef d'État-major de l'armée de terre, présent lors de la compétition. "Cette évolution est peut-être comparable à celle que la poudre ou le char ont apportée", note-t-il.
À Vilnius, une alerte au drone a récemment provoqué l'évacuation des dirigeants et de la population, marquant une première dans la capitale lituanienne. "Cette menace militaire à l'est est bien réelle et pressante", avertit le général Schill, soulignant l'établissement de six nouveaux escadrons de drones au sein de l'armée.
Le concours, bien que le résultat soit secondaire, constitue une opportunité précieuse "d'apprendre d'autres pays et d'échanger des expériences", d'après le staff sergeant Burnett des Marines américains, impressionné par le niveau de pilotage des équipes belges, britanniques et françaises.
Les participants arrivent avec "leur propre équipement et système analogique", comparant les avantages et inconvénients des divers matériels, selon le sergent Luke Crossley du génie royal britannique. "C'est essentiel de collaborer et de développer nos compétences ensemble", estime-t-il.
Le lieutenant Léo, du 61e régiment d'artillerie, explique que les épreuves sont conçues pour reproduire le plus fidèlement possible des scénarios opérationnels. Dans l'une des épreuves, un binôme doit détecter un "véhicule blindé ennemi" et faire tomber son drone sur un filet positionné derrière celui-ci, illustrant le fonctionnement des drones kamikazes sur le terrain.
Alors que le pilote manœuvre avec son casque limitant sa vision, le copilote scrute deux écrans. "Il doit garder une vue d'ensemble" pour guider le pilote dans la détection de cibles et les mouvements environnants.
Ces épreuves, où les drones volent sur de grandes distances sous le contrôle d'opérateurs immobiles, illustrent l'évolution des stratégies. "Avant, il fallait envoyer des hommes, maintenant un drone fait le travail. C'est crucial", résume Clément. Toutefois, Burnett met en garde : "Les drones sont des outils, mais l'infanterie restera toujours indispensable. Nous aurons toujours besoin de troupes sur le terrain."







