François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et député européen, a été invité à s'exprimer sur les récentes aides gouvernementales destinées à compenser la hausse des prix des carburants. Dans une interview accordée à franceinfo, il a partagé ses réflexions sur l'impact de ces mesures, qui touchent particulièrement les secteurs en difficulté comme l'agriculture, la pêche et les transports.
Sonia Chironi : Le Premier ministre a annoncé de nouvelles mesures pour faire face à la crise des carburants, notamment des aides doublées pour les grands rouleurs et une prime carburant pouvant atteindre 600 euros. Quelle est votre réaction ?
François-Xavier Bellamy : Ce qui est révélateur de cette intervention, c'est surtout ce que le Premier ministre n'est pas en mesure de faire. Il fait face à un déficit public important et à une dette qui entrave l'action de l'État. C'est un reflet flagrant de la situation de surendettement de notre pays, à un moment où une certaine légèreté avait prévalu concernant la gestion de notre dette. Il est crucial de comprendre que la délégation des responsabilités financières du pays empêche aujourd'hui des solutions claires et immédiates pour soutenir les Français.
Nathalie Saint-Cricq : Pensez-vous que la philosophie de ces mesures ciblées est la bonne ?
François-Xavier Bellamy : Certes, l'électrification de nos usages et la réduction de notre dépendance aux énergies fossiles sont fondamentales, mais les mesures proposées par le gouvernement semblent davantage être des solutions de dernier recours plutôt qu'un véritable plan stratégique. Ne pas pouvoir soutenir l'ensemble des citoyens n'est pas une philosophie, mais une contrainte résultant d'une incapacité budgétaire.
Les augmentations des prix du carburant n'affectent pas seulement les plus précaires ; elles touchent également les classes moyennes qui peinent à maintenir un niveau de vie décent. Les préoccupations des Français concernant leurs vacances ou leur trajet quotidien au travail méritent d'être entendues. Il est intolérable que ces efforts ne soient pas reconnus et récompensés.
Ce manque de capacité à agir est également hérité des décisions passées, comme la réduction de la fiscalité sur les carburants, qui a considérablement pesé sur notre budget. Alors que d’autres États européens parviennent à apporter un soutien à l’ensemble de leur population dans des périodes difficiles, nous avons aujourd’hui perdu cette aptitude à le faire. Les choix passés nous engagent à un coût que nous devons maintenant payer.
Nous avions la possibilité d’agir différemment, mais des dépenses inconsidérées dans des périodes économiques favorables nous ont désormais privés de ces marges de manœuvre. Cette situation met en lumière une problématique de souveraineté économique, où l'État se retrouve limité dans ses décisions à cause de ses créanciers. Pour sortir de cette impasse, des réformes profondes s'imposent et la responsabilité de porter ce message incombe à tous pour les futures élections.
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