Dans une ancienne carrière à Tramont-Lassus, un couple de hiboux grand-duc niche alors qu'un projet de centrale photovoltaïque se profile à l'horizon. Les experts de l'association Lorraine Association Nature (Loana) tirent la sonnette d'alarme, avertissant que la multiplication de ce type d'initiatives en Lorraine pourrait mettre en péril cette espèce protégée.
Edouard Lhomer, naturaliste passionné membre de Loana, déclare : « Ce n'est pas une friche. La nature reprend ses droits et des animaux comme ces hiboux grand-duc s'y installent. » Sur le site, exploité jusqu'en 2021, deux poussins ont vu le jour au printemps, témoignant de la vitalité de l'écosystème local.
Un projet prometteur mais risqué
Malgré les bonnes intentions de la mairie, qui souhaite transformer ce terrain de 65 000 m² en source d'énergie durable avec l'installation de 9 000 panneaux solaires, l'association s'inquiète pour l'avenir des rapaces. « C'est une initiative cruciale pour notre commune, et nous poursuivrons ce projet », assure le maire.
Des travaux de terrassement devraient commencer à la fin de l'été, générant du bruit et des vibrations qui risquent de déloger les hiboux et leurs poussins. « Ces oiseaux, habitués à un environnement calme, ne se sentiront plus en sécurité », prévient Edouard Lhomer, ornithologue engagé.
Des compromis jugés insuffisants
Malgré une décision de justice validant le projet, des protections sont en place, comme le suivi de l'espèce et la préservation de ses lieux de nidification. Toutefois, l'association estime que ces engagements restent trop faibles. « Nous réclamons une distance de sécurité plus importante entre le nid et la zone d'installation des panneaux », souligne l’ornithologue.
D'un autre côté, le gestionnaire du projet se défend, rappelant que sa mission est de lutter contre le changement climatique, une menace directe pour la biodiversité. Edouard Lhomer précise également que toutes les grandes carrières de Lorraine sont habitées par des hiboux grand-duc, alors que les projets photovoltaïques continuent de se multiplier. « Ces fronts de taille offrent une vue étendue idéale pour ces rapaces », conclut-il.
La communauté ornithologique n'est pas contre les installations solaires, mais elle souligne que les mesures de protection doivent être renforcées pour éviter d'éventuelles pertes de lieux de reproduction. Loana a ainsi fait appel du jugement concernant Tramont-Lassus, espérant obtenir davantage de sécurité pour ces hiboux grand-duc et leurs précieux poussins.







