Maxime Chéry, un délégué syndical Force Ouvrière, a tragiquement mis fin à ses jours le 11 janvier 2020 dans les rayons du Leclerc de Vandœuvre-lès-Nancy. À 35 ans, il a utilisé une arme à feu, laissant derrière lui une lettre dans laquelle il dénonçait ses souffrances tant professionnelles que personnelles. Dans sa missive, il évoquait de manière explicite son dégoût envers un « sale type » sans le nommer, ce qui a conduit à une enquête.
Ce mercredi, Emmanuel Robert, le cadre de l’hypermarché, a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Nancy de harcèlement moral, ainsi que d'homicide involontaire et de mise en danger d'autrui. Il a été condamné à trois ans de prison avec sursis, en plus de cinq ans d'inéligibilité et une interdiction de travailler dans le secteur de la grande distribution.
Ce verdict survient six ans après le drame et met en lumière les tensions qui prévalaient entre les deux hommes, avec des témoins décrivant un comportement arrogant et dominateur de Robert. Selon L'Est Républicain, les relations de travail étaient particulièrement conflictuelles.
À l'audience, Robert a nié les accusations portées contre lui, mais des témoignages ont mis en lumière un environnement de travail toxique, qui pourrait avoir eu des conséquences tragiques, comme le souligne Jean-Pierre Ferrier, psychologue du travail, qui note l'importance de surveiller les signes de détresse chez les employés.
En plus des conséquences pénales, Emmanuel Robert devra verser 69 000 euros en indemnités aux parties civiles. La société Vandis Leclerc, qui gérait l'hypermarché, a été relaxée de toutes responsabilités. Cet affaire soulève une fois de plus la question de la santé mentale et de la prévention du harcèlement en milieu professionnel.







