Avec plus de 24.500 demandes d'informations traitées par les bureaux Infobest à la frontière entre l'Allemagne, la France et la Suisse, l'année dernière s'est révélée être un véritable tournant. Un sujet de préoccupation majeur émerge dans 30 % des cas : les retraites.
Pour la première fois, le canton de Bâle-Campagne a lancé une étude sur un thème qui suscite l'inquiétude en Suisse depuis quelque temps : l'apprentissage précoce du français en milieu scolaire. Le rapport a été commandé par le Département de l'éducation du canton afin de passer en revue plus de 300 publications sur le sujet, comme le souligne nos confrères de la radio suisse SRF.
Cette étude ne vise pas à rendre des recommandations sur la continuité de l'apprentissage précoce du français, mais se concentre sur les retours d'expérience des jeunes, enseignants et directeurs d'écoles.
Il en ressort que le moment où débute l'enseignement du français, qu'il soit en CE2 ou plus tard, ne semble pas fondamental; c'est la qualité de l'enseignement qui revêt une signification primordiale. À Bâle-Ville, plus de la moitié des enseignants interrogés se prononcent en faveur de l'enseignement du français dès le CE2, tandis qu'à Bâle-Campagne, ce chiffre tombe à 43 %. En outre, 70 % des enseignants de français craignent que les compétences linguistiques de leurs élèves ne soient pas à la hauteur lors de leur transition vers le collège.
La place du français en question en Suisse alémanique
Ce débat intervient dans un contexte où l'enseignement des langues en primaire, et plus particulièrement du français, suscite des discussions passionnées en Suisse alémanique. Plusieurs cantons, dont celui de Zurich, ont récemment voté pour la suppression de l'enseignement précoce du français, le parlement zurichois demandant que celui-ci ne commence qu'à partir de la 9e année scolaire.
Cette proposition est mal reçue par les cantons de la Suisse romande, où le français est prééminent, et par le Conseil fédéral, qui estime que la promotion et la préservation des langues nationales, dont l'allemand et le français, relève d'une responsabilité partagée. La question de l'enseignement précoce du français avait déjà été envisagée il y a 15 ans dans le canton de Bâle-Campagne en raison des "piètres progrès des enfants". La tension grandissante autour de cette question souligne l'importance cruciale d'un dialogue constructif entre les différents cantons pour préserver la richesse linguistique et culturelle du pays.







