Mercredi matin, le bidonville de Stains, l'un des plus vastes de France, a été démantelé, mettant fin à des dizaines d'années de vie informelle en ce lieu. Le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a salué l'«organisation collective» qui a permis d’encadrer cette évacuation, impliquant des associations comme Médecins du Monde (MdM). Ce dernier, Clément Étienne, a souligné que le site abritait environ 1200 personnes au printemps 2025, un chiffre qui a chuté à 600 dans les derniers mois en raison d'un processus d'«auto-expulsion» après l'annonce de l'évacuation.
Le site, touché par un incendie dévastateur la veille du démantèlement, a ainsi été presque entièrement vidé. Grâce à une coordination efficace, 161 personnes ont déjà intégré un «processus d'insertion», un nombre qui pourrait croître avec l’évacuation des derniers habitants. Cette opération, bien que saluée, soulève des interrogations quant aux capacités d’hébergement disponibles pour accueillir ces personnes, comme l'indique l'ONG MdM.
Vieux de près de deux décennies, le bidonville de Stains avait acquis au fil du temps une certaine structure, notamment en matière d'accès à l'eau. Le coordinateur de MdM remarque que la période choisie pour l'évacuation pourrait compliquer la situation, avec la crainte d'une nouvelle canicule frappant le pays prochainement. Malgré les efforts déployés par les autorités, le défi reste majeur face au manque de places disponibles pour reloger les ex-résidents.
Le démantèlement de Stains symbolise à la fois une avancée significative et un appel à renforcer les moyens d'hébergement et d'accompagnement pour les populations vulnérables. Il témoigne de la complexité du combat contre l’habitat précaire, qui exige des solutions durables et adaptables aux réalités des personnes concernées.







