Google est sur le point d'introduire en France une nouvelle fonctionnalité révolutionnaire d'intelligence artificielle : des résumés adaptés aux recherches des utilisateurs. Ce changement fait craindre aux médias une chute significative de leur trafic. Les internautes pourraient bientôt accéder à des synthèses instantanément, sans être obligés de cliquer sur les liens des articles.
Pour certains professionnels du secteur, c'est alarmant. Un dirigeant anonyme a exprimé ses doutes en disant : "On s'attend au pire". Les résumés, qui apparaissent en tête des résultats de recherche, sont déjà utilisés par Google dans plus de 120 pays, et des moteurs comme Bing les intègrent également en France.
Dans un communiqué diffusé à l'AFP, Google a confirmé son intention de déployer ces "Aperçus IA" ainsi que le "Mode IA" dès que possible, bien qu'aucune date exacte n'ait été fournie pour leur lancement. Toutefois, selon le quotidien Ouest-France, une annonce informant les éditeurs de presse prévoit une mise en œuvre pour cet été.
Ces résumés, générés par l'intelligence artificielle de Google, sont de brèves synthèses élaborées à partir des résultats de recherche. De plus, le "Mode IA" fonctionne de manière similaire à des applications comme ChatGPT, impliquant une recherche conversationnelle.
Les médias francophones redoutent la perte de trafic. Une étude du Pew Research Center publiée en juillet 2025 souligne que lorsqu'un résumé IA est disponible, le taux de clics des internautes sur les résultats de recherche peut diminuer de moitié. Un responsable de presse régionale a confié à l'AFP qu'"à partir du jour où Google lancera les Aperçus IA, nous risquons de perdre jusqu'à 30% de notre trafic".
Ce développement pourrait inciter Google et les médias français à discuter d'un modèle de rémunération, alors que le secteur traverse déjà une crise avec des pertes de revenus associées à des baisses d'abonnements et de publicités, ainsi que des réductions d'effectifs dans plusieurs groupes, y compris Prisma Media, Centre France et Ebra.
En France, Google a établi des accords avec 450 éditeurs et agences de presse, en vertu d'une directive européenne de 2019 qui permet aux médias de recevoir des compensations pour l'utilisation de leur contenu. Des sources indiquent que ces résumés IA donneront également droit à une rémunération au titre des droits voisins.
Marc Feuillée, le président de l’Apig, a exprimé à l'AFP le souhait de voir débuter des négociations avec Google avant le déploiement des nouvelles fonctionnalités, qualifiant cette situation d'"énorme défi".
Louis Dreyfus, le président du directoire du groupe Le Monde, a également souligné qu'il serait regrettable que Google ne prenne pas le temps d'engager des discussions respectueuses des éditeurs avant la mise en œuvre.
"Google va-t-il payer le juste prix ?" s'interroge Encarna Marquez, directrice de l'IA chez France Télévisions. Elle met en avant l'importance de maintenir un lien avec l'ensemble des usagers et souligne la multitude des questions qui se posent.
D'autres acteurs des médias ont d'ores et déjà établi des collaborations avec des entreprises spécialisées dans l'IA, bien que certains dénoncent la violation de leur propriété intellectuelle. Arthur Gregg Sulzberger, directeur du New York Times, a récemment accusé certains groupes de "voler ouvertement la propriété intellectuelle" des médias d'information.







