Au cœur de Szada, au nord-est de Budapest, Andras et sa sœur Blanka Arki se rendent à un point d'eau, sacs remplis de bouteilles et de bidons en plastique à la main, pour affronter une chaleur écrasante atteignant 41°C. "C'est pour notre soif et pour nos animaux", déclare Andras, 23 ans, en se préparant à faire ce trajet plusieurs fois par jour.
Cette petite ville de 6.600 habitants est privée d'eau courante depuis presque deux jours, une situation exceptionnelle. La montée de la demande a saturé les vieux réseaux d'eau, accentuée par une chaleur sans précédent qui touche toute l'Europe.
Le service météorologique national a récemment enregistré un nouveau record à Szecseny avec 42°C, dépassant le précédent record de 2007 de 41,9°C. Les habitants de Szada ont ainsi été fortement impactés par ces coupures.
Endre Marton Laszlo, député local du parti Tisza, a averti que les coupures pourraient durer. "Il est crucial d'économiser l'eau et d'éviter de la stocker inutilement", a-t-il déclaré.
Pour Edina Fabian, 25 ans, la situation est compliquée. Elle essaie de récupérer autant d'eau que possible des citernes régionales. "On utilise le minimum, mais cela reste difficile", souligne-t-elle depuis les vestiaires d'un terrain de sport transformé en douches temporaires.
Le quotidien de nombreux habitants est bouleversé. "Il est frustrant de ne pas pouvoir se laver ou aller aux toilettes", s'insurge Claudio Pittia, économiste de 53 ans. Le maire, Lajos Pinter, confirme l'ampleur de la crise : "Des coupures de plus de 12 heures ne s'étaient jamais produites ici auparavant."
Face à cette situation, l'armée a été mobilisée pour distribuer des sachets d'eau aux personnes vulnérables. Des restrictions de consommation ont été instaurées dans de nombreuses localités pour limiter la pression sur les infrastructures vieillissantes. Le niveau du Danube, crucial pour l'approvisionnement en eau, est également anormalement bas, aggravant la crise.
Le Premier ministre Peter Magyar a appelé les citoyens à réduire leur consommation d'eau, indiquant que le réseau actuel est déjà sous tension et risque de s'effondrer si la situation perdure.
Dans un témoignage poignant, un couple hongrois revenant de Norvège a exprimé son désarroi face à ces conditions. "Nous ne comprenons pas pourquoi aucune mesure préventive n'a été prise pour éviter cette pénurie", s'interroge Peter, analyste financier. "Face à une telle situation, pourquoi attendre que l'eau soit complètement épuisée?" conclut-il.







