Des dizaines de milliers de personnes touchées par le double séisme de mercredi dernier se retrouvent sans nourriture ni abri, selon l'alerte lancée par l'ONU. Les experts en santé tirent la sonnette d'alarme face à la menace d'épidémies, citant un bilan tragique de plus de 1.700 morts.
Avec des séismes de magnitude 7,2 et 7,5, le Venezuela a subi l'une des pires catastrophes naturelles de son histoire, entraînant dizaines de milliers de disparus et une véritable course contre la montre pour les opérations de sauvetage dans les ruines des immeubles effondrés. Selon des données satellitaires de la NASA, environ 58.870 structures peuvent avoir été endommagées ou détruites.
La situation est exacerbée par des conditions météorologiques difficiles, mettant en péril les efforts de secours dans des zones clés comme La Guaira, où des journalistes de l'AFP ont rapporté une suspension des opérations nocturnes en raison de fortes pluies. Sur place, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a indiqué que la population souffre d'une pénurie alimentaire généralisée, avec des services essentiels quasiment paralysés.
"Plus de 80% de La Guaira est en crise. Les autorités doivent agir rapidement pour rétablir les services de base comme l'électricité et l'eau potable," a déclaré Pablo Alfonzo, un réfugié de 64 ans, en exprimant son indignation face à l'inaction des dirigeants.
Le HCR mène par ailleurs une campagne pour réunir les enfants séparés de leurs familles. De son côté, l'Organisation mondiale de la santé met en garde contre de potentiels épidémies, tandis que ses besoins en financement approchent les 15 millions de dollars pour abriter 30.000 personnes pendant six mois.
Pendant ce temps, les survivants improvisent. Celix Ruiz, qui dort sur le parking d’une pharmacie à Ciudad Piar, exprime son désespoir. "Personne ne veut aller dans un refuge, c'est comme être dans la rue," déclare-t-elle, tout en mentionnant des douleurs physiques sans accès aux soins.
D'autres, comme la jeune médecin Diorjailis Escalona, se mobilisent rapidement en tant que bénévoles. "Sur le plan émotionnel, c'est éprouvant, mais nous faisons de notre mieux pour aider," affirme-t-elle, la voix empreinte de determination.
- Morgues saturées -
En réponse au désastre, les États-Unis ont également doublé leur aide bilatérale à 300 millions de dollars à destination des ONG et des agences de l'ONU.
Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a confirmé que le bilan officiel s'élevait à 1.719 morts et 5.034 blessés. En janvier, l'armée américaine s'était rapprochée de Caracas, soulignant un certain réchauffement des relations entre Washington et le gouvernement de Nicolas Maduro.
Environ 50.000 personnes demeurent portées disparues selon les estimations de l'ONU. Une morgue improvisée a été mise en place dans le port de La Guaira, où les infrastructures hospitalières sont débordées, tandis que des morgues de fortune accueillent des centaines de corps à Caracas.
À travers ce désastre, les équipes de secours internationales continuent de s’engager, favorisant l’extraction de survivants, tandis que la communauté internationale, dont 27 pays se mobilisent, tente d'apporter l’assistance nécessaire. Comme le souligne Gianluca Rampolla Del Tindaro, coordinateur de l'ONU au Venezuela, cet élan de solidarité est crucial pour secourir la population démunie.
- Répliques -
Le bilan humain continue de s’aggraver alors qu'une réplique de 4,6 a réveillé la terreur parmi les survivants. Les témoignages, comme celui de Fernan Hernandez, font état d'une angoisse palpable, rappelant la gravité de cette catastrophe naturelle.
La colère s’amplifie face à la lenteur des secours, exacerbant le sentiment d'abandon parmi les victimes. Carmen Angarita, qui a perdu son foyer, critique la réponse gouvernementale : "Il y a eu trop de silence et trop peu d'action. Nous avons dû fouiller les décombres à mains nues pendant des heures avant que les secours arrivent."







