La députée écologiste Sandrine Rousseau souhaite mettre la pression sur l'exécutif. Invitées sur Sud Radio, elle a fait savoir son intention de demander à son groupe de déposer une motion de censure contre le gouvernement, qu'elle juge incompétent face aux enjeux de la canicule et du dérèglement climatique. Pour elle, un tel gouvernement qui gère si mal une crise annoncée « ne mérite pas de rester ».
Les séquelles de la canicule se font ressentir avec des coupures d'électricité à répétition, des hôpitaux débordés et des cas de décès à domicile liés à une mauvaise isolation. Rousseau accuse l'État d'avoir laissé tomber le réseau associatif, crucial pour identifier les personnes isolées durant ces épisodes de chaleur. Elle ne constate qu'une unique mesure gouvernementale : la prolongation des soldes.
Concernant le bilan humain, Rousseau avance un chiffre alarmant de 10 000 décès. Cette estimation est contestée par Nicolas Revel, directeur général de l'AP-HP, qui assure que le nombre de victimes ne sera pas proportionnel à celui de 2003, mais devrait dépasser celui de 2025, où la chaleur avait causé environ 5 700 victimes.
De son côté, le député Fabien Roussel a aussi critiqué sur BFMTV-RMC les services publics, soulignant leur incapacité à assumer leurs missions essentielles. Alors que les députés écologistes préconisent une commission d'enquête sur l'absence de politique d'adaptation, ils attendent d'obtenir les 58 signatures nécessaires pour une motion de censure.
Lecornu sort de ses gonds
En réponse, Sébastien Lecornu n'a pas tardé à réagir. Interpellé à l'Assemblée nationale par la présidente du groupe écologiste, Cyrielle Chatelain, il a déclaré : « C'est la première fois que je sors de mes gonds » lors d'une séance de questions. Visant le chiffre avancé par Rousseau et le sénateur Guillaume Gontard, Lecornu a dénoncé un bilan humain « faux », qualifiant cet argument de « scandaleux » et « indigne », utilisé à des fins politiques.
Il a aussi ajouté que la commission d'enquête souhaitée par les écologistes serait contre-productive, car elle ne mettrait pas en lumière une absence d'action, mais soulignerait au contraire l'urgence d'agir plus rapidement. Ainsi, le débat public sur la canicule prend une tournure encore plus politique, centrée sur la responsabilité du gouvernement et les conséquences de ses choix face à une crise climatique croissante.







