Dans une démarche sans précédent, l'association Anticor a annoncé son intention de demander l'ouverture d'une enquête judiciaire sur Jordan Bardella. Ce dernier est accusé d'avoir occupé un emploi fictif d'assistant parlementaire européen et d'avoir orchestré la création de faux documents. Le président du Rassemblement National (RN) dénonce ces accusations, les qualifiant de "manipulation" et affirmant qu'il n'a "rien à se reprocher", précisant qu’aucune poursuite n’avait été engagée jusqu'à présent dans cette affaire liée aux présumés emplois fictifs au Parlement européen.
La demande d'un juge d'instruction marquerait le début d'un nouveau chapitre judiciaire pour le RN. Cette annonce intervient alors que la cour d'appel de Paris doit prochainement se prononcer sur l'inéligibilité de Marine Le Pen dans le cadre d'une affaire similaire. Un représentant du RN a réagi en affirmant : "Les procédures pénales annoncent le printemps électoral, et nous restons confiants que Jordan Bardella ne sera pas inquiété dans cette affaire".
Une plainte déjà en cours
Une plainte déposée au début de l'année par Anticor est actuellement examinée par le parquet de Paris. Cette plainte vise plusieurs individus, dont Jordan Bardella, pour détournement de fonds publics, faux, et escroquerie, d’après les informations rapportées par Le Canard Enchaîné. Selon Anticor, Bardella porte une responsabilité dans ses fonctions d'assistant parlementaire au service de l'eurodéputé Jean-François Jalkh en 2015.
Anticor appelle également à une enquête approfondie concernant les documents fournis par Bardella et son entourage, considérant que certains éléments, tels qu'un agenda et des revues de presse, pourraient avoir été falsifiés. Cette accusation repose sur les investigations du journaliste Tristan Berteloot, qui a précédemment travaillé pour Libération.
Des accusations lourdes de conséquences
Jordan Bardella a récemment perdu un procès pour diffamation contre Libération, en raison d'un article le qualifiant d'"assistant parlementaire fantôme". Suite à cette défaite, Anticor a décidé de rehausser le niveau de sa plainte, entraînant potentiellement une investigation plus exhaustive.
La situation actuelle pourrait révéler des actes susceptibles d’entraîner des conséquences judiciaires sérieuses pour Bardella, qu'il refuse d’accepter. Le porte-parole d'Anticor a exprimé : "Il est crucial que ces allégations soient examinées en profondeur pour éviter que ceux en position de pouvoir ne puissent échapper à la justice".
Devant cette vague d'accusations, plusieurs voix, dont celles de spécialistes en droit public, estiment qu'une action judiciaire ferme est essentielle afin de restaurer la confiance citoyenne envers les institutions. Le parquet de Paris a pour sa part indiqué que, faute d'avancées sur la plainte de janvier, aucune nouvelle enquête n'était possible tant que les documents demeuraient sous scellés en cour.
Jordan Bardella est par ailleurs au cœur d'autres enquêtes, incluant une investigation par le parquet européen concernant des accusations de fraude liée à des formations médiatiques durant la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Le parti exprime fermement son désaccord avec toutes ces allégations.







