Le tribunal administratif de Strasbourg a tranché en défaveur de la subvention de 490 000 euros allouée par le conseil municipal de Metz pour la construction d'une nouvelle mosquée, un projet désormais en suspens. Cette décision, prise ce mardi, ravive les débats autour du financement des lieux de culte en France.
En effet, cette subvention, votée en été 2024 en faveur de l'association Grande Mosquée de Metz, visait à faciliter la construction d'un édifice qui répondrait aux besoins de la communauté musulmane locale. Toutefois, trois militants de l'Union des familles laïques (UFAL) ont contesté cette aide financière en justice, arguant qu'il n'existe pas d'intérêt public local suffisant pour justifier une telle dépense. Dans son jugement, le tribunal a affirmé que la mairie n'a pas démontré l'insuffisance des capacités existantes ni réalisé une analyse des besoins.
Le maire de Metz, François Grosdidier, a qualifié cette décision d'« hors-sol » et a annoncé son intention de faire appel. Il a également déclaré que les conditions actuelles pour la pratique du culte musulman dans la ville sont loin de suffire. Cette contestation est symptomatique d'un débat plus large sur la laïcité et le financement des cultes en France.
La construction de la mosquée, dont le coût total est estimé à plus de 15 millions d'euros, avait déjà connu des retards pour des raisons financières, mais les travaux avaient repris fin septembre. Notons que le concordat en vigueur en Alsace-Moselle oblige les municipalités à contribuer à l'entretien des lieux de culte catholiques, protestants ou juifs, mais ce même soutien ne s'applique pas aux édifices musulmans.
Cette situation soulève des questionnements sur la place des cultes musulmans dans la société française contemporaine. Selon des experts en droit public, il est crucial de réévaluer la législation entourant le financement public des projets religieux afin de garantir une équité entre toutes les communautés. La décision du tribunal pourrait influencer d'autres projets similaires à travers le pays, nécessité d'un équilibre entre la laïcité et le besoin de liberté de culte.
Pour avoir plus d'informations, les résidents de Metz et les défenseurs de la laïcité suivent de près les évolutions de ce dossier qui pourrait bien redessiner le paysage religieux de la ville dans les mois à venir.







