La nuit du Nouvel An a été marquée par une tragédie à Crans-Montana, où un incendie dans un bar a coûté la vie à 40 personnes et blessé 116 autres. Parmi ces blessés, de nombreux grands brûlés subissent une prise en charge médicale à la fois complexe et douloureuse. Ce drame souligne non seulement la tragédie humaine, mais aussi les défis médicaux liés aux brûlures graves.
Selon les données des autorités suisses, près de 35 blessés ont été transférés dans des hôpitaux situés en France, en Allemagne, en Belgique et en Italie. Comme le souligne le professeur d’anesthésie et réanimation François Depret, « aucun pays ne peut accueillir un si grand nombre de patients grands brûlés en même temps ». La situation requiert une approche rigoureuse et spécialisée, car chaque victime doit recevoir des soins adaptés et continus.
Les brûlures considérées comme graves touchent plus de 20 % de la surface corporelle d'une personne. Les professionnels de la santé, y compris le professeur Marie-Reine Losser de la Société francophone de brûlologie, expliquent que les brûlures de troisième degré, qui n'ont pas la capacité de cicatriser spontanément, exigent des soins intensifs et une intervention chirurgicale rapide.
Les victimes de l'incendie ont également respiré des fumées toxiques, créant des complications telles que des brûlures pulmonaires sévères. Pour ces patients, le recours à l'anesthésie générale, ou coma artificiel, devient parfois nécessaire. La douleur intense ressentie par ceux dont la surface brûlée est étendue nécessite une gestion de la douleur rigoureuse, comme l'indiquent les experts.
Les premiers soins consistent en un traitement d'urgence pour éviter l'hypothermie et la perte de liquides, ce qui nécessite jusqu'à 20 litres de perfusions dans les premières heures suivant les blessures. Des mesures immédiates, telles que les incisions de décharge pour prévenir l'ischémie, sont également cruciales.
Le chemin vers la guérison inclut ensuite des chirurgies pour retirer les escares de brûlure. Les autogreffes de peau sont utilisées pour remplacer le tissu lésé. De plus, un derme artificiel, conçu pour favoriser la souplesse des cicatrices, est souvent introduit dans le processus. L’essor de techniques modernes permet d’optimiser l’utilisation de la peau disponible, bien que la cicatrisation soit un processus long et délicat. Les experts notent que les résultats esthétiques et fonctionnels sont d'une importance capitale, en particulier pour les brûlures faciales.
L’hospitalisation peut durer des semaines, voire des mois, suivie d'une longue phase de rééducation, durant laquelle des soins réguliers et méticuleux sont essentiels. Le professeur Depret met également en avant la nécessité d'un soutien psychologique pour la récupération émotionnelle de ces jeunes victimes. En somme, la tragédie de Crans-Montana est un rappel tragique des risques liés aux incendies, mais aussi une leçon sur l'importance des soins médicaux avancés et de la compassion humaine dans le processus de guérison.







