À deux mois des élections municipales prévues pour les 15 et 22 mars, certaines communes, comme Toutlemonde (Maine-et-Loire) et Villamée (Ille-et-Vilaine), souffrent d'un manque de candidatures. Dans ces villages, la question se pose : ces localités pourraient-elles se retrouver sans représentant ?
Dans le cas de Noailly (Loire), malgré des appels sur les réseaux sociaux pour inciter des citoyens à prendre la tête de la municipalité, aucune candidature ne s'est encore manifestée. Patrick Meunier, maire sortant après trois mandats, n’a pas reçu de soutiens pour continuer l’aventure. "C’est encore tôt pour paniquer", précise une secrétaire de mairie.
À Jablines (Seine-et-Marne), la situation semble s’améliorer. Un membre du conseil a rapporté une lettre d'intention d'un candidat sur le point de se manifester, mettant fin à une période d'incertitude de plusieurs mois.
Un statut de maire de plus en plus redouté
Sur le terrain, les maires, comme Laurence Chérel de Villamée, soulignent l'appréhension liée à un engagement municipal. "Il existe une sorte de crainte de s’investir dans un contexte politique aussi instable", déclare-t-elle, alarmée par l’absence de candidatures dans cette petite commune de 301 habitants, après presque deux décennies de service.
Une enquête récente de l’Association des maires de France (AMF) révèle que le nombre de démissions parmi les maires a quadruplé entre 2008 et 2026, attribuant cette crise à des tensions au sein des conseils municipaux, des problèmes de santé, mais aussi à une fatigue croissante face à la gestion locale.
Le phénomène reste exceptionnel mais préoccupant
Bien que des dispositifs temporaires soient en place, comme la possibilité pour des listes incomplètes de se présenter, l'absence de candidatures demeure rare. "En plus de 20 ans, je n'ai jamais vu de ville sans élus en Ille-et-Vilaine", rassure Isabelle Séven, directrice de l'association des maires de ce département.
Lors des dernières élections de 2020, malgré les difficultés, 17 communes, dont 13 avaient moins de 1.000 habitants, avaient dû composer avec l’absence de listes. Dans ces cas, une délégation spéciale, nommée par le préfet, gère temporairement les affaires locales.
Les petites communes doivent donc faire preuve de patience. La date limite pour se porter candidat expira le 26 février 2026 à 18 heures. D'ici là, chacune espère des solutions viables pour éviter une vacance du pouvoir.
Les enjeux de cette situation vont bien au-delà d'un simple problème d'organisation locale ; ils soulèvent des questions profondes sur la démocratie de proximité et le désir d'engagement civique dans un pays en pleine redéfinition politique.







