« Je ne travaillais pas pour un parti, mais pour Marine Le Pen » : c'est ainsi que Catherine Griset, dans ses déclarations devant la cour d’appel de Paris, a justifié son emploi. Ce témoignage intervient à l'issue du neuvième jour du procès en appel du Rassemblement National (RN) concernant des accusations de détournement de fonds publics. Bien qu'elle ait reconnu avoir consacré 20% de son temps à ses fonctions de présidente du parti tout en travaillant pour Marine Le Pen en tant qu'eurodéputée, Griset a maintenu que son rôle était essentiellement de l'assister.
Selon Ouest-France, l'accusation repose sur l'utilisation abusive des fonds publics, car Griset a été rémunérée par le Parlement européen. En première instance, elle avait déjà écopé d'une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis. Dans sa défense, elle insiste sur le fait qu’elle s'occupait des agendas et des déplacements de Le Pen, une responsabilité qui, selon elle, justifie ses actions.
La présidente de la cour, Michèle Agi, a questionné la légitimité de son rôle d'assistante alors qu'elle était officiellement engagée pour le Parlement européen. Griset a rétorqué en soulignant qu'elle ne voyait aucun conflit d'intérêt, argumentant qu'elle servait une personne et non une institution. Cependant, Agi a rigoureusement insisté sur le fait que son emploi devait être transparent et justifié vis-à-vis de l’argent public.
Griset, qui a maintenant également été élue eurodéputée pour le RN, a déclaré que son travail dans le cadre de ces fonctions n'était pas incompatible. Selon le suivi de cette affaire par 20 Minutes, la présidente a soulevé un point crucial : l'éventualité d'un double emploi, étant donné que la gestion des agendas implique forcément la présidence du parti. Griset a admis que quelques aspects de son travail avaient croisé ses responsabilités envers Le Pen en tant que présidente du RN.
Ce procès, qui souligne les tensions entre les impératifs de la légalité et les pratiques au sein des partis politiques, se poursuit avec des témoignages révélateurs qui pourraient ouvrir le débat sur les pratiques d'emploi et de financement au sein des représentations politiques en France.







