Le prochain ajustement budgétaire inquiète les syndicats, qui craignent une dégradation de la qualité éducative.
« Sanglant », « douche froide », « choc » : les syndicats d'enseignants ont exprimé, le 27 janvier, leurs préoccupations suite à l'annonce ministérielle sur la distribution des ressources pour la rentrée scolaire 2026. Plus de 2.200 postes dans le primaire et 1.800 dans le secondaire doivent être supprimés. Lors d'une réunion au Comité social d'administration (CSA), le ministère de l’Éducation a présenté la situation aux syndicats, un événement habituellement programmé en décembre, mais retardé cette année à cause de l'absence de budget.
Le ministère a précisé que « ces chiffres reposent sur le projet de loi de finances actuellement en discussion et restent soumis à son adoption finale », selon un communiqué officiel. Les débats à l'Assemblée nationale se poursuivent, avec le report de deux motions de censure (source : Éducation.gouv.fr).
Une politique comptable préoccupante
Bien que le ministère n'ait pas fourni de nouveaux détails, les chiffres communiqués aux syndicats révèlent l'ampleur des réductions : 2.229 postes dans le primaire public (écoles maternelles et élémentaires) et 1.803 dans le secondaire public (collèges et lycées). « Il n’y a rien qui va », a déclaré Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE Unsa, soulignant que « le budget devrait permettre de réparer les dégâts causés par la politique éducative depuis 2017. »
Selon la CGT Educ’action, cette décision reflète une « sinistre politique comptable » face à une baisse démographique croissante qui accentue la nécessité d'un soutien accru (source : CGT Educ’action).
Des disparités régionales inquiétantes
Les inégalités sont d'autant plus alarmantes que certaines académies doivent subir des suppressions importantes. Aurélie Gagnier, secrétaire générale de la FSU-Snuipp, souligne que « le choc des suppressions est renforcé par leur répartition, notamment à Lille », qui pourrait perdre 265 postes dans le premier degré. D'autres académies comme Versailles, Nancy-Metz et Normandie sont également sévèrement affectées, provoquant de vives réactions de la part des syndicats.
Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, a également fait état d'une « douche froide » pour le second degré, soulignant que cette annonce confirme un climat déjà défavorable pour la rentrée. « Nous savions que la situation ne se présentait pas sous de bons augures, c’est maintenant officiel. »







