Une approche proactive s'impose alors que l'usage de l'intelligence artificielle (IA) dans la fonction publique explose. David Amiel propose, dans un entretien à La Tribune Dimanche, de lancer une "négociation sociale" sur un cadre commun d'utilisation de l’IA, visant à établir des règles éthiques et de souveraineté d'ici cet automne.
À l'heure où de nombreux fonctionnaires, selon une enquête révélée par le ministre, s'adonnent à des pratiques d'IA en dehors des consignes officielles, il importe de structurer cette tendance. Amiel souligne que le partage et l'utilisation des outils d'IA sont essentiels pour le renouvellement professionnel et pour garantir la protection des données personnelles des agents.
Démarche pionnière en pleine transition
Devant la rapide évolution du monde du travail, le ministre a observé que des syndicats et employeurs comptent sur un "dialogue renforcé" pour affronter cette dynamique. Ce projet de réglementation fait écho aux attentes des agents, avec 80% des sondés affirmant vouloir un déploiement plus vaste de l’IA.
"Notre priorité sera de définir les usages éthiques et les principes de souveraineté relatifs à l'IA, pour créer une ressource bénéfique aux services publics, loin des influences massives des géants technologiques", a expliqué Amiel.
Un panorama inquiétant de l'IA clandestine
Un aspect alarmant de cette situation est l'émergence du "Shadow AI", où plus de la moitié des agents confient avoir utilisé des outils comme ChatGPT en dehors des protocoles. Selon des experts cités par BFMTV, le risque de cette pratique est double : compromettre la confidentialité des données et perdre en indépendance face aux puissances internationales.
Les premières initiatives
En réponse à ces défis, de nouvelles mesures sont déjà en place. Amiel a demandé à l'Institut National de Service Public (INSP) de rehausser les formations en fonction des enjeux de l’IA. Dès cet été, un million d'agents auront accès à des outils d'enregistrement et de transcription automatique.
Afin de simplifier la communication avec le public, un outil d'IA sera également généralisé, transformant des réponses techniques en langage clair, proposition qui verra le jour ce printemps pour la direction générale des finances publiques.
"La commande publique" est aussi "réorientée vers les acteurs français et européens", souligne M. Amiel.
Indépendamment de ces négociations, l'État a initié en mars une "Revue stratégique de la fonction publique 2035-2050", axée sur l'IA, dont les résultats sont attendus dans les mois précédant les élections présidentielles.
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