La guerre au Moyen-Orient a eu des répercussions notables sur l'industrie de la pêche au Royaume-Uni. Avant ce conflit, le capitaine Peter Bruce, qui pêche l'églefin et le cabillaud pour son fish and chips, dépensait environ 5 000 livres en carburant. Mais cette dépense a doublé, atteignant 10 000 livres lors de son dernier voyage, ce qui l'a poussé à diminuer la vitesse de son navire pour économiser du diesel, comme l'a rapporté l'AFP.
Peterhead, une ville côtière écossaise, voit ses restaurateurs inquiets alors que le coût du carburant pourrait exploser, affectant potentiellement le prix du poisson qui est vendu aux enchères. Le propriétaire du restaurant Budding Rose estime que l'augmentation annuelle pourrait dépasser les 100 000 livres si la tendance se poursuit.
"Avec les prix du carburant, nous craignons que les consommateurs réduisent leur consommation de fish and chips et sortent moins souvent", explique-t-il.
Une tradition sous pression
Depuis les années 1860, le fish and chips, un mélange de poisson blanc pané et de frites, est une institution au Royaume-Uni, souvent servi avec des pois écrasés et de la sauce tartare. Selon Seafish, il existe environ 10 500 établissements spécialisés dans ce plat au Royaume-Uni, ce qui dépasse certaines grandes chaînes de restauration.
La période de Pâques, moment clé pour les vendeurs de fish and chips, attire souvent deux fois plus de clients dans certains restaurants. Cependant, Andrew Crook, président de la Fédération nationale des vendeurs de poisson frit, souligne que les restaurateurs subissent déjà des pressions économiques considérables, notamment en raison de la hausse des salaires, des prix du poisson et de l’énergie.
Vers des alternatives moins coûteuses
Les préoccupations ne se limitent pas à la guerre au Moyen-Orient, mais incluent également des restrictions renforcées sur la pêche pour préserver les espèces. La guerre en Ukraine, qui a impacté l’approvisionnement en poisson, représente aussi un défi supplémentaire pour les restaurateurs. Andrew Crook évoque des soucis déjà éprouvés, notamment la pénurie d'huile de tournesol en 2022 et une flambée des prix des engrais importés par le détroit d'Ormuz, qui pourrait affecter le coût des pommes de terre.
Pour ne pas augmenter les prix de leurs plats, certains restaurants envisagent de substituer l'églefin par d'autres types de poisson, comme le colin d'Amérique du Nord ou le merlu d'Afrique du Sud, ainsi que de réduire la taille des portions pour maintenir le pouvoir d'achat de leurs clients.
Andrew Crook, qui fixe le prix de son fish and chips à 11,45 livres, affirme : "Nous faisons tout notre possible pour ne pas augmenter les prix. Protéger nos clients reste notre priorité." En ce sens, le fish and chips pourrait subir de profonds changements face à une crise qui, si elle perdure, redéfinira la façon de le savourer.







