C'est une crise majeure qui touche le champagne. Le 14 avril dernier, le CIVC a annoncé que ces intempéries avaient frappé 40% des bourgeons champenois.
Alors qu'en 2003, 45% des bourgeons avaient été perdus à cause des gelées printanières, l'AFP souligne que cette année se place en deuxième position en termes de dommages. Ces événements climatiques précoces, observés dans une année où le débourrement s'est produit avec trois semaines d'avance, ont accru les dégâts, explique l'interprofession.
"Cette année, des épisodes de gel ont eu lieu à une période habituelle mais, avec le réchauffement climatique, les vignes sont en avance, mettant en danger la récolte", commente Sébastien Debuisson, directeur des services techniques du Comité Champagne, cité par ICI Champagne-Ardenne.
Une filière en pleine adaptation
Face à cette crise, l’industrie du champagne tente de s’adapter. La nécessité de faire face à des conditions climatiques extrêmes les pousse à innover : "Nous développons de nouvelles variétés de vigne et mettons en place des dispositifs de protection comme l'aspersion ou les systèmes de ventilation chauffés par pellets", explique Debuisson tout en soulignant les dangers environnementaux associés à ces techniques.
Bien que l'ampleur des pertes soit préoccupante, le CIVC précise qu'il reste trop tôt pour évaluer les impacts sur la récolte, étant donné que les conditions climatiques à venir joueront un rôle crucial lors des vendanges.
Notons que ces pertes ne traduisent pas nécessairement une baisse de qualité du vin, qui dépend des conditions spécifiques de maturation des raisins. Toutefois, la filière est déjà impactée : en 2025, les expéditions avaient chuté pour la troisième année consécutive, avec seulement 266 millions de bouteilles. Cette tendance s’inscrit dans un contexte déjà difficile pour le secteur, aggravé par des conditions de travail des vendangeurs de plus en plus controversées.







