Le vrombissement d'un quadricoptère retentit dans les airs alors qu'il slalome entre des plots. À la manette, Quentin, élève en bac professionnel option dronautique, incarne l'innovation de cette formation rarissime en France. Onze étudiants du lycée Louise-Weiss, blotti au cœur des Vosges, sont les pionniers de ce cursus de bac professionnel, qui intègre des modules sur la cybersécurité, l'informatique, et bien sûr, la dronautique.
Dans le laboratoire d'électronique, les élèves plongent dans divers projets. Deux d'entre eux, consciencieux, s'affairent sur un banc d'essai pour mesurer la portance d'un drone. Jean-Marc Bour, leur enseignant, explique : "Nous modifions la vitesse des moteurs pour déterminer celle à partir de laquelle le drone peut décoller." Cela illustre parfaitement la pédagogie innovante que prône cette spécialité.
Damien, 18 ans, travaille sur le montage d'un S500 V2. "Monter un drone de A à Z, c'est apprendre à comprendre chaque composant: moteur, batterie, structure..." raconte-t-il. Charlotte, la seule fille de la classe, est fascinée par la modélisation 3D de sites historiques grâce aux images de drones. Cette formation leur enseigne également les réglementations qui encadrent l'utilisation des drones, comme l'interdiction de survoler certaines zones sans autorisation.
"Intégrer une option dronautique à ce bac pro, c'était envisager une filière innovante grâce à l'usage du drone," explique François Ginoux, proviseur du lycée.
Un partenariat stratégique avec l'armée
Ce dispositif novateur est renforcé par un partenariat avec l'Armée de l'air et de l'espace. Des instructeurs militaires ont dispensé des cours aux élèves et organisé des visites de bases aériennes. Selon Pascal Fischer, commandant du Centre Régional de Recrutement de l'Armée de l'air, ces compétences sont primordiales : "Nous avons besoin de personnel formé aux drones pour assurer la surveillance des sites militaires et mettre en place des contre-mesures contre les menaces. Actuellement, l'armée de terre compte environ 3.000 drones, et ce chiffre atteindra probablement 15.000 d'ici 2026."
"L'enjeu est d'assurer que chaque soldat soit capable d'opérer un drone," a affirmé le général Philippe de Montenon lors d'un récent exercice militaire.
Parmi les élèves, Nolan, 17 ans, envisage une carrière dans l'armée. Il espère que ses compétences en dronautique seront un atout. "Je ne cherche pas à utiliser un drone comme arme, mais pour des missions de reconnaissance," dit-il. Au-delà de l'armée, François Ginoux souligne que les applications de la dronautique sont vastes, des entreprises de recherche thermique aux secteurs agricoles. Alban, 20 ans, le voit plutôt comme un hobby, tout en reconnaissant l'importance du partenariat avec l'armée.
Le proviseur note un regain d'intérêt sans précédent pour le bac pro Ciel, affirmant devoir parfois refuser des élève en raison de l'afflux des candidatures. Il espère que l'Éducation nationale va s'inspirer de cette initiative pour développer des programmes similaires dans d'autres lycées de France, car, actuellement, aucune autre filière ne propose un tel cursus.







