À Strasbourg, le mardi 16 juin, des agriculteurs de divers pays européens se sont mobilisés devant le Parlement européen pour protester contre l'autorisation imminente des plantes issues de nouvelles techniques génomiques (NGT), communément appelées nouveaux OGM. Cette manifestation, orchestrée par la Confédération paysanne en collaboration avec plus de 40 organisations, dénonce ce qui est considéré comme une menace sérieuse pour la souveraineté alimentaire et la diversité génétique des cultures.
Les agriculteurs français, allemands, italiens, espagnols et autrichiens ont laissé leurs champs pour exprimer leurs inquiétudes face à une législation qui pourrait drastiquement transformer l'agriculture européenne. La veille, une commission parlementaire avait déjà donné son approbation aux nouveaux OGM, ouvrant la voie à un vote crucial au sein de l'assemblée plénière.
Selon la Confédération paysanne, « C’est une aberration agronomique et écologique », une opinion également partagée par de nombreux scientifiques et acteurs du secteur. La mobilisation vise à alerter sur le risque que ces nouvelles techniques, qui permettent de modifier le génome d'un organisme sans introduire d'ADN étranger, représentent pour la sécurité alimentaire et l'environnement.
Une innovation controversée entre promesses et craintes
Les défenseurs de ces technologies, comme la Commission européenne, les présentent comme des solutions potentielles face aux défis climatiques, affirmant qu'elles permettent d'augmenter la résilience des cultures et d'améliorer la productivité. Toutefois, les agriculteurs se montrent sceptiques et chroniquent les dérives potentielles de cette législation.
La Confédération paysanne met en avant un point crucial : « En supprimant la traçabilité et l'étiquetage pour les consommateurs, cette initiative viole les droits des agriculteurs et des citoyens à produire et consommer des aliments sans OGM ». De plus, les inquiétudes concernant la concentration des brevets dans les mains de quelques multinationales renforcent ces préoccupations.
Des experts s’alarment également du risque d'hyperconcentration du marché, où seules quelques grandes entreprises pourraient détenir des brevets sur des variétés jusque-là conventionnelles. Des personnalités politiques, comme le député socialiste Christophe Clergeau, plaident pour des mesures de régulation plus strictes, soulignant la nécessité de protéger les petits producteurs des coûts exorbitants associés aux technologies brevetées.
Ce débat passionné met en lumière les tensions croissantes entre innovation technologique et pratiques agricoles traditionnelles, alors que le vote sur les NGT se prépare dans un climat d'incertitude et de polarisation des opinions. La lutte pour la souveraineté alimentaire et l'avenir de l'agriculture en Europe se joue dans cette enceinte cruciale.







