Souleiman Mogouchkov, âgé de 19 ans et frère du principal suspect de l'attentat d'Arras, Mohammed Mogouchkov, risque une expulsion imminente vers la Russie. Mis en examen pour complicité dans cette attaque tragique qui a coûté la vie à l'enseignant Dominique Bernard en octobre 2023, Souleiman a vu sa détention prolongée au centre de rétention administrative (CRA) de Mesnil-Amelot, comme le rapporte La Voix du Nord.
Le jeune homme est accusé d'avoir aidé son frère en lui montrant comment manœuvrer un couteau, une accusation grave qui pourrait le mener devant une cour d'assises, les réquisitions du Parquet national antiterroriste (PNAT) étant désormais attendues.
Notifié d'une OQTF dès sa sortie de prison
Après une détention de deux ans et demi, Souleiman a été libéré le 16 avril dernier, avec une assignation à résidence sous surveillance électronique. Son retour à la vie normale à Lyon et la participation à un programme d'accompagnement ont été brisés lorsque la police lui a notifié une obligation de quitter le territoire français (OQTF) juste après sa sortie. En mai, le tribunal administratif de Melun a validé son expulsion vers la Russie.
Une décision "difficilement compréhensible" pour ses avocats
Les avocats de Souleiman, Ambroise Vienet-Legué et Margaux van der Have, critiquent cette décision, la qualifiant de paradoxale. "Il est injuste de lui imputer une responsabilité dans une affaire aussi sérieuse et de le renvoyer dans un pays où il ne pourra pas se défendre", ont-ils déclaré. Ils estiment que les témoignages de leur client sont cruciaux pour la bonne marche de la procédure judiciaire.
La préfecture maintient néanmoins sa position. Les avocats affirment que leur client désire ardemment être présent pour le procès de l'attentat afin de défendre sa version des faits, une possibilité compromise par le risque d'expulsion.
Le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, influence radicalisé venant d'Ingouchie, a tué Dominique Bernard, son ex-professeur, tout en blessant trois autres personnes. Cet incident a provoqué une onde de choc à travers le pays, rappelant l'horreur de l'assassinat de Samuel Paty près de trois ans auparavant.







