Sur RMC, le jeudi 25 juin, Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, a plaidé en faveur de l’extension à l’ensemble des secteurs d’un système de chômage partiel en réponse aux intempéries, surtout en période de canicule.
« Nous avons réussi à l'obtenir l’année dernière, mais uniquement pour le secteur du bâtiment avec de significatives pertes salariales. Il est essentiel d'assurer un salaire intégral à 100 % », a souligné Binet, après une rencontre au ministère du Travail. Au cours de cette réunion, le ministre Jean-Pierre Farandou a proposé la création d’un groupe de travail paritaire cet automne pour anticiper les futures vagues de chaleur.
Sophie Binet a critiqué le gouvernement, accusant ce dernier de « faire l’autruche ». Elle a exigé, entre autres, l'instauration d'arrêtés préfectoraux systématiques dans les zones en vigilance rouge pour interdire les chantiers dans l’après-midi ainsi qu’un droit de retrait lorsque les températures atteignent des seuils dangereux.
Impact mondial : 18 970 décès liés à la chaleur au travail
Bien que le Code du Travail ne fixe pas de limite de température pour suspendre les activités, un décret de 2025 a renforcé les règles imposées aux employeurs, énonçant des mesures progressives en fonction des alertes de Météo France. Cependant, ces régulations sont trop souvent ignorées, affirme Binet, rappelant que la « responsabilité incombe d'abord au patronat ».
La France est touchée actuellement par une vague de chaleur exceptionnellement intense, jugée plus sévère que celle de 2003. Ce 25 juin, 72 départements sont classés en vigilance rouge, affectant ainsi environ 95 % de la population.
Selon l’Organisation internationale du travail, la chaleur est responsable de 18 970 décès liés au travail chaque année à l’échelle mondiale. En 2025, Santé publique France a enregistré que neuf accidents mortels étaient liés à des conditions de chaleur extrême.
À Mulhouse (Haut-Rhin), les ouvriers de Stellantis sont exposés à des températures d’atelier atteignant parfois les 39 °C. En réponse, la CGT du fabricant automobile a déposé un préavis de grève allant jusqu’au 28 juin, demandant d’urgence des mesures pour garantir la sécurité des conditions de travail sur les lignes de production.







