Cinq mois après la mort tragique du streameur Jean Pormanove, Narutovie a enfin décidé de prendre la parole. Dans une vidéo d'une durée de plus de deux heures sur YouTube, le vidéaste revient sur sa relation étroite avec son ami, qu'il surnommait « JP », tout en dénonçant les attaques médiatiques et l'opinion publique qu'il accuse de manipulation.
La disparition de Jean Pormanove, survenue en direct en août 2025, a suscité une onde de choc en France. Victime d'humiliations et de violences sur sa chaîne de streaming, son décès a ouvert une enquête sur les événements entourant sa vie. Narutovie, qui a joué un rôle central dans la carrière de Jean, décrit un homme isolé nécessitant soutien et réconfort. Leur relation a commencé il y a six ans sur des réseaux comme Twitch et Discord et s'est rapidement transformée en un partenariat de travail.
Dans la vidéo, Narutovie explique comment il a aidé JP à lancer sa carrière, soulignant son succès croissant, qui l’a conduit d'une allocation du RSA à des revenus mensuels allant jusqu'à 7 000 euros. Cependant, il exprime aussi ses inquiétudes concernant l'hygiène de vie de Jean, qui, selon lui, refusait d'aller chez le médecin. Il décrit ses efforts pour redresser ses habitudes, allant jusqu'à lui fournir un local approprié pour streaming.
Néanmoins, le duo a vite trouvé son créneau dans le contenu controversé. Narutovie se remémore comment ils ont exploité les crises de colère de Pormanove en direct, générant ainsi des revenus substantiels. Sur la plateforme Kick, où ils ont gagné une popularité fulgurante, le trio formé avec un autre vidéaste s'est engagé dans des défis et contenus jugés provocants, soulevant des questions éthiques sur la nature de leur humour.
Des critiques ont émergé, pointant du doigt des comportements qualifiés d'humiliation. Un rapport de Mediapart a même mis l'accent sur des pratiques assimilables à de la violence en direct, ce qui a conduit à des interrogations légales. Narutovie se défend cependant, voyant ces actions comme faisant partie du divertissement consensuel entre amis. « Tout le monde était heureux », insiste-t-il, précisant qu'il n'y avait aucune intention de blesser JP.
En réponse au tollé médiatique, il n'hésite pas à accuser la presse de dramatisation et de manipulation, affirmant que l'autopsie a révélé qu'aucune violence physique n'était en cause dans la mort de Pormanove. Pourtant, il reconnaît la polémique entourant leurs contenus, ce qui a indubitablement affecté leur réputation.
Néanmoins, pour Narutovie, l'héritage de JP est important. Ses larmes en témoignent. « Je vais continuer pour nous », déclare-t-il, déterminé à faire ressortir le meilleur de leurs moments partagés malgré la tragédie. Cette affaire soulève une question critique sur la responsabilité des créateurs de contenu et l'impact de leur travail sur la santé mentale de leurs collègues.
Alors que le débat public continue d’osciller entre compassion et réprobation, l'avenir de ce type de contenu sur les plateformes comme Kick reste incertain. L’opinion publique, divisée, se questionne sur les limites du divertissement et sur la nature même des relations en ligne.







